Vallée de la chimie
Vallée de la Chimie, Sud de Lyon.

Pollution aux PFAS : Daikin émettrait jusqu'à 500 fois la norme applicable

A Pierre-Bénite dans la métropole de Lyon, l'industriel japonais Daikin émettrait un gaz de la famille des polluants éternels jusqu'à 500 fois la norme applicable.

A moins d'une semaine d'une audience devant la justice, opposant la Métropole de Lyon aux industriels de la Vallée de la Chimie, Daikin et Arkema, nos confrères de Mediacités et France 3 Auvergne-Rhône-Alpes publient de nouvelles révélations sur l'ampleur de la pollution aux PFAS. Selon nos confrères, l'industriel japonais, parfois considéré comme bon élève (pointé néanmoins du doigt par le président de la métropole de Lyon, Bruno Bernard dans un entretien à Lyon Capitale) émettrait un PFAS jusque là méconnu, l’hexafluoropropylène (HFP), jusqu'à 500 fois la norme applicable selon des chiffres issus d'un rapport de la DREAL après une visite d'inspection menée le 28 juin 2023.

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Daikin sommé de se conformer aux normes

Susceptible de provoquer des cancer, les émissions de ce gaz inodore et incolore sont règlementées depuis 1998. Selon nos confrères, "les limites d’exposition des travailleurs (de Daikin) au HFP sont bien au-dessus de la norme en vigueur depuis au moins 2013, d’après un compte rendu de comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT)". L'entreprise indique de son côté avoir mis en oeuvre "ses meilleurs efforts" pour limiter ses rejets. Un arrêté du 1er février 2024 impose à l’exploitant de se conformer aux normes en vigueur pour ses émissions de HFP, sous peine de sanction financière.

Les PFAS ?
Les "PFAS" (famille composée de plus de 4 700 molécules de synthèse) sont produits par l'homme depuis les années 40. Leurs propriétés physico-chimiques (résistantes aux chaleurs intenses ou aux acides, à l’eau et aux graisses…) expliquent leur présence dans un grand nombre de produits de consommation courante et applications industrielles.
Le fait qu'ils soient très largement utilisés ( textiles, emballages alimentaires, cosmétiques, poêles anti-adhésives, mousses anti-incendie, imperméabilisants, cires à parquet, vernis et peintures, etc.), en plus de leur faible dégradation, rend ces substances omniprésentes dans l’environnement, notamment dans les cours d’eau. On parle de "polluants éternels" car ils peuvent rester dans l’environnement des décennies, voire des siècles. Le Rhône, de l'aval de Lyon jusqu'à la Méditerranée, est particulièrement touché.
Selon la littérature scientifique existante, les perfluorés favoriseraient les cancers chez l’homme et les défauts de défense immunitaire des enfants.

France 3 et Médiacités révèlent par ailleurs que l'industriel rejette également le BFAS, un autre polluant éternel. Le bisphénol A fluoré, membre de la famille des bisphénols dont la toxicité a été très documentée et médiatisée ces dernières années, est utilisé par l'industriel pour fabriquer un caoutchouc fluoré de haute performance. La molécule est classifiée comme reprotoxique présumé (catégorie 1B) par l’Union européenne, depuis 2014. Le BPAF pourrait également être ajouté à la liste des “substances extrêmement préoccupantes” dans le cadre du règlement européen sur les produits chimiques, REACH.

Selon nos confrères, la préfecture du Rhône exige de Daikin qu'il trouve une alternative à cette molécule d'ici trois ans. Mais elle a toutefois, dans un arrêté de février 2024, ouvert la voie à une dérogation en cas  “d’impossibilité technico-économique” de les remplacer.

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