Pollution au PFAS : L'usine Daikin est située au bord de la M7, sur la commune d'Oullins.
L’usine Daikin est située au bord de la M7, sur la commune d’Oullins.

PFAS : les Écologistes du Rhône demandent à la préfecture de suspendre l’autorisation accordée à Daikin

Les députés Marie-Charlotte Garin et Boris Tavernier, ainsi que les Écologistes du Rhône, contestent l’autorisation donnée à Daikin d’utiliser du TFA, un nouveau PFAS, sur son site de Pierre-Bénite. Ils réclament de nouvelles études sanitaires et environnementales.

L’autorisation accordée à Daikin continue de susciter des réactions. Dans un communiqué publié mercredi 2 septembre, les députés Marie-Charlotte Garin et Boris Tavernier, ainsi que les Écologistes du Rhône, demandent à la préfecture du Rhône de retirer ou de suspendre son arrêté du 24 juillet autorisant l’utilisation d'un nouveau PFAS, au nom barbare de R-1234yf (2,3,3,3-tétrafluoropropène). Ce gaz, qui une fois transformé se dégrade en TFA, un polluant éternel, sera utilisé par l'industriel sur son site d'Oullins-Pierre-Bénite dans la fabrication d'un nouveau grade de polymères fluorés baptisé "BRE", en remplacement partiel des procédés actuels.

Dans leur communiqué, les élus estiment que cette décision a été prise "sans produire ou rendre publiques les évaluations environnementales ou sanitaires" permettant d’en mesurer les conséquences. Ils s’appuient notamment sur plusieurs alertes européennes concernant cette substance.

L’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) a ainsi classé la substance en juin comme "suspectée toxique pour la reproduction", tout en soulignant son caractère "très persistant et très mobile". En juillet, l’Autorité européenne de sécurité des aliments a par ailleurs abaissé la dose limite d’exposition au TFA, après de nouvelles données faisant état d’effets sur les hormones thyroïdiennes.

Les Écologistes réclament la publication des études

Les élus demandent donc à la préfecture de suspendre l’autorisation dans l’attente "d’études sanitaires et environnementales complètes". À défaut, ils souhaitent que soient rendues publiques les études ayant permis à l’État de conclure à l’absence de risque pour les riverains, les salariés et l’environnement.

Dans son arrêté, la préfecture avait notamment indiqué que le nouveau procédé utilisant le R-1234yf devait permettre de réduire les rejets de PFAS dans l’eau et dans l’atmosphère, tandis qu’une étude de risque sanitaire concluait à un impact "acceptable avec d’importantes marges de précaution".

Les Écologistes soutiennent également la démarche de plusieurs associations, dont Notre Affaire à Tous – Lyon, Générations Futures Rhône et PFAS Contre Terre, qui réclament elles aussi davantage de transparence sur les études ayant conduit à cette autorisation.

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