L’usine Daikin est située au bord de la M7, sur la commune d’Oullins.

PFAS : le maire d'Oullins-Pierre Bénite demande à la préfecture de revenir sur l'extension de l'usine Daikin

Dans un communiqué de presse, la mairie d'Oullins-Pierre Bénite explique avoir demandé à la préfecture du Rhône de réviser l'arrêté qui prévoyait l'extension de l'usine Daikin à Oullins.

C'est une extension qui avait été approuvée en mars 2021 et qui aujourd'hui ne passe pas. Daikin, l'un des deux industriels avec Arkema a avoir été mis en cause dans la vaste pollution aux substances perfluorés dans le sud de Lyon, avait prévu d'agrandir son usine située à Oullins. Mais deux ans après les révélations de l'émission Vert de Rage concernant la pollution de l'air, de l'eau et des sols aux PFAS, la mairie d'Oullins-Pierre-Bénite demande à la préfecture du Rhône de revenir sur l'arrêté prévoyant cette extension.

"En mars 2021, la Ville a accordé un permis de construire pour cette extension. Il s'agissait d'une décision administrative limitée à des considérations urbanistiques et rendue bien avant la révélation de la pollution aux perfluorés (PFAS) sur le territoire communal" rappelle Jérome Moroge, maire d'Oullins-Pierre Bénite, dans un communiqué de presse. Avant de poursuivre : "Aujourd'hui, j’estime que la situation a drastiquement changé et exige une réévaluation urgente."

"Les rejets de PFAS doivent être évalués"

Ainsi, la municipalité demande à la préfecture de requalifier l'extension de Daikin comme une "modification substantielle", ce qui entraînerait automatiquement une nouvelle autorisation environnementale. "Les rejets atmosphériques de PFAS, même limités, doivent être évalués dans le contexte d'une contamination historique déjà préoccupante. L'absence d'une nouvelle étude d'impact et d'une enquête publique est incompréhensible. Ce sont en effet des procédures essentielles pour garantir la sécurité des résidents" estime l'édile.

Jérôme Moroge juge également comme "excessive" la période de 36 mois donnée à l'industriel Daikin pour proposer un plan de substitution des PFAS. "Ce délai ne garantit pas une cessation rapide et effective de l’utilisation de ces substances" poursuit le maire LR. "Face à cette situation de pollution hors du commun, il convient de rester vigilants et fermes sur nos demandes" conclut-il.

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Ce mardi, Daikin et Arkema ont été confrontés, devant le tribunal judiciaire de Lyon, à la demande d'expertise formulée par la Métropole de Lyon. Le tribunal se prononcera le 30 juillet pour approuver, ou non, la demande. L’expertise, si elle est acceptée, devra dans un premier temps établir l’origine et les dommages causés par la pollution aux polluants éternels, détectée dans l’eau potable au sud de Lyon, et dans un deuxième temps établir la responsabilité des deux industriels afin de faire appliquer le principe de "pollueur-payeur."

Les PFAS ?
Les "PFAS" (famille composée de plus de 4 700 molécules de synthèse) sont produits par l'homme depuis les années 40. Leurs propriétés physico-chimiques (surfactantes, résistantes aux chaleurs intenses ou aux acides, à l’eau et aux graisses…) expliquent leur présence dans un grand nombre de produits de consommation courante et applications industrielles.
Le fait qu'ils soient très largement utilisés ( textiles, emballages alimentaires, cosmétiques, poêles anti-adhésives, mousses anti-incendie, imperméabilisants, cires à parquet, vernis et peintures, etc.), en plus de leur faible dégradation, rend ces substances omniprésentes dans l’environnement, notamment dans les cours d’eau. On parle de "polluants éternels" car ils peuvent rester dans l’environnement des décennies, voire des siècles. Le Rhône, de l'aval de Lyon jusqu'à la Méditerranée, est particulièrement touché.
Selon la littérature scientifique existante, les perfluorés favoriseraient les cancers chez l’homme et les défauts de défense immunitaire des enfants.

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