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Pénurie à Lyon : se faire "du beurre" sur le dos des agriculteurs

Plus de beurre dans les grandes surfaces à Lyon. Depuis quelques jours, les rayons se vident à toute vitesse donnant une impression de pénurie. Un syndicat d’agriculteurs lyonnais pointe les marges des intermédiaires quand eux ne récupèrent que les miettes.

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“Savoir pourquoi il n’y a plus de beurre, ce n’est pas notre problème. Tout ce qu’on veut, c’est que la valeur ajoutée descende jusqu’au producteur. C’est ma seule préoccupation, le reste ne m'intéresse pas. Peu importe à qui la faute.” s’agace Aloïs Klein, porte-parole de la Confédération Paysanne du Rhône. ”Le prix du beurre s’est envolé mais nous n’avons rien reçu. Il y en a qui se font du beurre sur notre dos. Comme d’habitude, on sert de variable d’ajustement,” explique-t-il.

Une pénurie médiatique ?

Ferme d’élevage en Rhône-Alpes © Tim Douet

© Tim Douet
Ferme d’élevage en Rhône-Alpes © Tim Douet

Les rayons vides le seraient-ils à cause de la panique des consommateurs ? C'est l'avis de Geoffrey Doyon, directeur adjoint de Auchan Saint-Priest. “Les clients achètent beaucoup plus beurre pensant avoir à faire face à une pénurie alors qu’il s’agit juste d’une baisse de l’approvisionnement. En fait, il n’y a pas vraiment de pénurie” assure-t-il. L’emballement médiatique serait selon lui à l’origine de l’impression de pénurie : “Si il y avait vraiment pénurie, il n’y aurait vraiment rien dans les rayons. En ce moment, le problème c’est que tout part trop vite. J’ai vu une dame acheter 15 plaquettes de beurre d’un coup parce qu’elle a peur de ne plus en avoir.”

“Quelqu’un au milieu a augmenté ses marges”

Si de grands magasins comme Auchan Saint-Priest se disent désolés de la situation des agriculteurs, ils rejettent les accusations portés sur eux par certains syndicats paysans, celles de refuser de payer le juste prix du beurre. “Nous avons augmenté nos prix d’achat des produits d’un pourcentage à deux chiffres, par exemple de 70 % pour nos produits premier prix de notre marque. Même sur les produits qui ne sont pas nos marques nous avons augmenté nos prix d’achat” se défend Geoffroy Doyon. Le responsable, sans les accuser directement, met en cause les transformateurs comme Lactalis ou Elle & Vire : “Si nous avons augmenté nos prix d’achat et que les agriculteurs n’ont rien récupéré, c’est que quelqu’un au milieu a augmenté ses marges.”

Geoffrey Doyon est conscient de la nouvelle donne mondiale du beurre avec l’envolée des prix suite aux fortes progressions sur les marchés émergents et américain.“Tout le monde se met à manger des croissants et des produits à base de beurre”, constate-t-il. Selon lui, cette progression des marchés étrangers a conduit les industriels à choisir l’exportation plutôt que le marché français, d’où une baisse de l’approvisionnement. Évoquer un bras de fer entre les transformateurs et les centrales d’achat pour expliquer la pénurie, comme le font les paysans bretons, ne sont que “des rumeurs” selon lui. Pour ce responsable de grande surface, “la situation d’approvisionnement devrait revenir à la normale en début d’année 2018. Les rayons se videront moins vite avec le temps, quand les médias en parleront moins” conclut-il.

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1 commentaire
  1. Kasneh - 28 octobre 2017

    L'UE avait commencé en 1964 à stocker les invendus pour venir en aide aux agriculteurs, selon un système largement utilisé dans la politique agricole commune (PAC). En 1986, le record de stockage de beurre fut atteint, avec 1,28 million de tonnes mises en réserve. Grâce à l'instauration de quotas laitiers, à partir de 1984, ces 'montagnes de beurre' et 'lacs de lait' avaient progressivement diminué. Les temps changent !

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