Vélos sur les berges du Rhône à Lyon

On marche moins à Lyon qu'à Paris ? Oubliez, c'est de la pub !

Cette semaine, les médias reprennent une étude qui prouverait que l'on marcherait moins à Lyon qu'à Paris. Il s'agit surtout d'une publicité pour une application.

Les Lyonnais marcheraient seulement 5 317 pas par jour en moyenne, derrière les Parisiens et leur 5 764 pas. Cette semaine, plusieurs médias ont repris une étude présentée par une application pour smartphone. Cette dernière est censée encourager la marche pour atteindre les 10 000 pas par jour recommandés par l'OMS. L'étude aurait été réalisée à partir d'un panel "d'un million d'utilisateurs de l'application".

À la rentrée 2019, elle annonçait de 40 000 téléchargements dans les boutiques d'applications, mais aurait bénéficié d'un fort intérêt lors des grèves de la RATP à Paris. Sur Android, elle fait désormais partie des applications "téléchargées plus de 100 000 fois". En l'absence de méthodologie détaillée, il faudra donc faire avec ces chiffres. Dans tous les cas, la start-up a réussi son objectif, elle bénéficie d'une belle couverture médiatique depuis plusieurs jours. Un autre message est passé, nous ne marchons pas assez en France.

Études publicitaires

Régulièrement, les boites des rédactions reçoivent des courriels sur des études qui vont du très sérieux au fantaisiste. "Lyon ville avec le plus de fast-food par habitant, "Les villes où on est le plus infidèle", "Le top 10 des métropoles avec des parcs"... les thèmes ne manquent pas. À la clé, c'est la garantie d'avoir quelques reprises dans les médias même lorsque les méthodologies sont dignes d'un doigt mouillé un jour de vent.

Ainsi, l'équation est assez simple à comprendre. Il suffit pour une marque ou un lobby en manque de communication de financer une étude ou d'en tirer une à partir de ses données. Elle l'envoie au média pour bénéficier d'une campagne de publicité à moindre coût. Parfois, même les élus se font piéger, à l'image de la métropole de Lyon. Cette dernière a repris une étude "Lyon, ville de France la plus saine", dévoilée juste après un pic de pollution à l'ozone (lire ici). Reste une question à toujours se poser : à qui profite l'étude ? La réponse est souvent, à la marque qui est derrière !

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1 commentaire
  1. DiminuerLaPollution - 18 février 2020

    bravo pour cet article qui devrait troner en une de votre site internet !
    C'est exactement ca dont les lecteurs doivent avoir conscience :
    les soit disantes etudes qui ne sont pas étayées et détaillées ne sont que des outils de communication
    Et le journalisme n'est pas de la communication c'est de l'information
    Merci à vous de faire de l'information
    (au moins cette fois en tout cas 😉

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