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Nouveau programme à Confluence : vers la fin des fantaisies ?

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Hikari se dressera en 2014 à l'intersection de la place nautique et du cours Charlemagne. Pour réaliser cet ilot P, c'est l'équipe Kengo Kuma/CRB architectes/Bouygues qui a été choisie. Le programme se distingue par sa sobriété énergétique. Mais aussi une certaine sobriété esthétique. Explications.

C'est déjà le chouchou des élus. Oubliées l'Hôtel de Région, les constructions legos qui surplombent la darse et les audaces du quai Rambaud. A l'intersection de la place nautique et du cours Charlemagne, l'ilot P (12'500m2) "sera un des bâtiments de France les plus regardés pour son engagement énergétique", prévoit déjà Gérard Collomb. Le chantier va démarrer début 2013 pour une livraison mi 2014.

Trois bâtiments, une mixité d'activités

C'est finalement l'équipe Kengo Kuma/CRB architectes/Bouygues qui a emporté le concours, coiffant notamment Shigeru Ban/Icade. Son projet Hikari, - "lumière" en japonais - a séduit le jury. L'ensemble respecte, selon le fameux architecte japonais, 'l'enveloppe" tout en opérant des cassures pour "apprivoiser" le soleil.

La façade ondulée qui apparait sous un camaïeu de gris est habillée de pierres (bleue de Savoie) et de bois - le peuplier. Le socle est composé de grands éléments vitrés, offrant au piéton une vue sur les commerces, les entrées de bureaux et le jardin intérieur. Kengo Kuma accorde dans ses réalisations une grande place à la nature. Il a par exemple exécuté le siège social de LVMH au Japon et le fonds régional d'art contemporain de Marseille. Ici, trois bâtiments contigus émergent, l'un dédié aux 42 logements (compter près de 5000 euros le m2), l'autre aux bureaux, le dernier offrant une mixité de fonctions, avec des professionnels aux premiers étages et des "villas suspendues" en haut. Avis aux intéressés : le bâtiment de bureaux pourrait abriter un siège social, réservé à un seul groupe.

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"Chaque bâtiment parle à un autre bâtiment"

Plus que son esthétique, c'est sa sobriété énergétique qui est mise en avant. Pour atteindre l'objectif d'énergie positive, ce programme associe la géothermie, des panneaux photovoltaïques (en toiture et sous les balcons) et une centrale de cogénération à l'huile de colza. Au final, la consommation énergétique (environ 42 kwatt/h/m2/an) devrait être de 50 à 60 % de moins que la règlementation thermique de 2005. Et encore inférieure à la norme BBC (50 kwatt/h/m2/an).

Pour réussir ce qui est présenté comme une prouesse, la Ville a eu recours à NEDO, une agence paragouvernementale japonaise responsable du soutien à l'innovation et à la R&D dans les énergies nouvelles. Ils ont ici planché sur un réseau énergétique (smart-grid) qui couvre l'ensemble. "Chaque bâtiment parle à un autre bâtiment", échangeant sur leurs productions et leurs besoins respectifs, résume le constructeur Bouygues. "Par exemple, lors d'un dimanche ensoleillé, le bâtiment de bureau, vide, enverra l'énergie vers les habitations". Ces prouesses n'engagent un surcoût que de 15 % environ.

La fin des gestes architecturaux ?

"On rejoint ce qu'il y a de plus performant au niveau mondial", souligne Gilles Buna, adjoint à l'urbanisme. Félicitant ce travail, l'élu critique en creux la phase précédente. A l'instar des programmes qui voient le jour en Suisse, il appelle à "penser l'architecture de façon plus rigoureuse et moins fantaisiste". Evoquant les bâtiments qui dominent la darse, il estime que "leurs formes torturées peuvent causer des déperditions énergétiques". Les architectes sont prévenus : l'heure des gestes artistiques et des appendices improbables est peut être révolue.

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Adjoint à l'urbanisme à la mairie du 2e arrondissement, Bruno de Carbonnières lui s'en prend au massif siège de la région, louant "l'élégance", "le mouvement" de l'ilot P qui contraste avec "la rigidité de l'Hôtel de Région". Jean-Jack Queyranne appréciera.

L'an prochain, plusieurs concours seront lancés pour la 2e phase du Confluent, sur 450.000 m2, a annoncé Gérard Collomb.

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Il avait fait sensation en sortant un silure de plus de deux mètres le mois dernier, cette fois c'est un brochet de 1,12 mètre que le pêcheur Lyonnais Baptiste Latorre apris, à la pointe de la Presqu'île.
6 commentaires
  1. eilage - 1 septembre 2011

    Encore une fois bravo à toute la rédaction de LYON CAPITAL qui écrivait encore ce matin un article polémiste (et qu'ils se sont bien empressé de supprimer maintenant, évidemment) sur le manque de grand travaux à Lyon et de la responsabilité de Gérard Collomb en ça ... Bravo encore une fois bravo ... Après on se demandera pourquoi les journalistes arrivent en tête des corps de métiers les plus détesté des français ...

  2. eilage - 1 septembre 2011

    (auto mea culpa) l'article n'a pas disparu mais est bien là, descendu dans la profondeur des articles consommables et consommés.

  3. lyonnais - 2 septembre 2011

    'eilage' 'eilage' pourqoui tant d'énervement de votre part ?? Vous ne saviez pas que les articles les plus récents étaient devant !!Sinon je suis comme Mr. de Carbonnières adjoint à l'urbanisme à la mairie du 2ème arrondissements de Lyon, je trouve cet ilot P très réussit et cela aurait formé avec le projet de Vasconi concernant le siège de la région si il avait été retenu un ensemble en pleine armonie avec celui deKeng Kuma.Il faut se rappeler que dans le projet de Vasconi le bâtiment de devant formait un triangle de forme non équilatère, cela aurait donné une forme plusélancé et moins mastoc comme celui déjà construit!

  4. lyonnais - 2 septembre 2011

    'eilage' 'eilage' pourquoi tant d'énervement de votre part ?? Vous ne saviez pas que les articles les plus récents étaient devant !!Sinon je suis comme Mr. de Carbonnières adjoint à l'urbanisme à la mairie du 2ème arrondissements de Lyon, je trouve cet ilot P très réussit et cela aurait formé avec le projet de Vasconi concernant le siège de la région si il avait été retenu un ensemble en pleine armonie avec celui deKeng Kuma.Il faut se rappeler que dans le projet de Vasconi le bâtiment de devant formait un triangle de forme non équilatère, cela aurait donné une forme plusélancé et moins mastoc comme celui déjà construit!N'est-ce pas 'eilage'.

  5. No-Bru - 2 septembre 2011

    Une attente de quelques mois de plus, mais un rendu vraiment mais vraiment très beau. Même si j'aime les bâtiments le long de la darse, celui-ci semble si épuré qu'il traversera la temps sans prendre de coup de vieux (les autres c'est mois sur). Surtout il va nous masquer cette longueur Est du monolythe.Mon avis n'est pas objectif sur le quartier car j'aime bien ce qui est fait. Mais je trouve que les concours se suivent et ne ressemblent pas... Ce qui est une bonne chose pour la diversité des bâtiments par contre cela ne donne pas toujours une homogénéité globale du quartier. L'enchainement fin du monolythe en bois avec l'ilot E4 et l'ecole est très bien mais que dire de l'enchainement du même monolythe en bois avec des batiments en alu suvi du batiment vert...J'espere que les concours de la phase 2 d'Herzorg et de Meuron seront coherent les uns avec les autres.

  6. sonia - 3 septembre 2011

    tout comme 'lyonnais' et 'no-bru' je trouve ces batiments magnifiques également!

  7. FOurs - 22 septembre 2011

    bonjour le long de la darse cela ressemble à un assemblage de boîtes d'allumettes plus ou moins ouvertes. La densité y est extrême. Les architectes et leur promoteur ont pris les friches pour des terrains de jeu : il n'y a pas d'unité mais un catalogue de possible. La fantaisie aurait du bon pourtant, mais pas n'importe comment. Je me demande comment cela va vieillir : pourvu que cela ne devienne pas un répertoire de verrues urbaines !

  8. lyonnais - 22 septembre 2011

    @FOurs,Les architectes n'y sont pour rien dans cette affaire, c'est la ville de Lyon avec son premier magistrat qui sont les responsable de cette densité folle.Se sont eux à la ville de Lyon qui décide du plan d'occupation des sols pas les archis qui eux répondent seulement à un appel d'offre. On leur dit faite moi 700 logements ils le font !!!N'ayant pas voulu faire le plan de masse que Mr. Bohigas avait prévu sur la base des plans conçu par J.de Lacroix-Laval en 1828, nous avons un énorme blockaus avec les ilots A B et C qui sera impossible de détruire car hélas tout se tient.Avec une urbanisation du cite fait de patés de maisons(non Haussmanien) tout aurait été plus simple à l'avenir. C'est tellement plus façile de détruire un bâtiment qui ne va pas dans 10 ou 20 ans si il devient une vérue alors que là nous auront une Duchère ou un Mermoz en pleine centre ville pour les plus de 100 ans à venir.

  9. mathous - 27 octobre 2011

    Et les logements sociaux ? J'espère que quelqu'un y pensera...

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