Métro de Lyon – Mars 2019 © Antoine Merlet
© Antoine Merlet

Mobilité et TCL à Lyon : l'urgence c'est maintenant !

Édito - 2025, 2030, 2040, voire même 2050 : pour ces élections municipales et métropolitaines de Lyon, les candidats ne vont pas manquer de proposer des projets de mobilité à des horizons parfois très éloignés. Pourtant, pour toute personne qui ne se déplace pas en voiture avec chauffeur, l'évidence saute aux yeux : l'urgence, c'est maintenant !

La congestion sur les routes, des aménagements cyclables qui servent de parkings temporaires aux voitures, des transports en commun TCL bondés, des bus coincés dans les bouchons fautes de voies dédiées, des bagages oubliés dans des stations centrales qui bloquent plusieurs lignes de métro ou tramways... certains jours, se déplacer dans Lyon peut prendre des allures de promotion pour le télétravail. La ville continue inlassablement de grandir, le trafic des véhicules baisse doucement tandis que le report vers les transports en commun et le vélo battent des records inédits.

Pourtant malgré ces solides croissances, qui sont très loin d'être des épiphénomènes, la demande dépasse largement l'offre : certains aménagements cyclables commencent à être sous-dimensionnés, les bus, métros et tramways restent saturés en heure de pointe, les renforts d'offre comblent tout juste les retards, sans jamais jouer le coup d'après. L'arrivée de la 4G dans les métros met de plus en plus en lumière les conditions déplorables dans lesquels voyagent parfois les voyageurs. Depuis que le réseau mobile est disponible, apparaissent des "Stories" et autres messages photo à l'appui montrant des quais ou rames bondées.

Vendre du rêve, sans penser à aujourd'hui

Pour cette campagne des élections municipales et métropolitaines, les élus commencent à sortir des projets pour 2025, 2030, 2040, voire 2050. Mais lorsqu'il s'agit de répondre à l'urgence, le concret se fait attendre.

Qui proposera un plan qu'il est possible de mettre en place dès 2020 ? Qui sortira de sa zone de confort et des grands clichés habituels comme le téléphérique ou le fluviale à toute les sauces pour s'attaquer aux problèmes du quotidien ? Qui sera suffisamment proactif pour trouver des solutions rapides sans tomber dans le greenwashing ou promettre des infrastructures qui n'ont pas le moindre centime de financement ? Qui aura le courage de ne pas mentir aux autres, ou à lui-même, sur l'impact d'un projet, de tout poser à plat, d'écouter les habitants de la métropole, les chercheurs, scientifiques dont les modèles mathématiques ont fait leur preuve, de regarder ce qui fonctionne ailleurs ? Qui ouvrira enfin le débat sur l'occupation de l'espace au sol largement dominé par des véhicules toujours plus grands qui ne transportent qu'une seule personne ?

Citoyens, journalistes, associatifs, il est de notre responsabilité de demander aux élus et candidats ce qu'ils vont faire maintenant, sans attendre. Car si les projets à 2025, voire jusqu'en 2050, peuvent faire rêver, qui peut dire ce que deviendra la mobilité d'ici une trentaine d'années ? Construire le futur, c'est être en mesure de proposer des projets qui pourront être mis en place dès 2020. Le reste n'est que promesse qui n’engage que ceux qui y croient et ne vivent peut-être pas le quotidien de milliers de Lyonnais dont la patience touche à ses limites.

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