Miribel-Jonage cherche à changer sa (mauvaise) réputation

Agressions, vols, noyades, le Grand Parc de Miribel-Jonage n'a pas une bonne image pour le public lyonnais. Le parc tente de se refaire une réputation grâce à la culture, le sport ou encore l'accueil d'entreprises.

Quand on se promène sur les forums internet locaux, l'avis est unanime. « La baignade est dangereuse », « il y a trop de "racailles" » ou encore, « je m'y suis sectionné un tendon ». Miribel-Jonage traine une sale réputation. Situé au nord de Lyon, le parc, en chiffres, c'est 2200 hectares, dont 350 de plans d'eau, 400 professionnels qui interviennent tout au long de l'année, et 4 millions de visiteurs. Mais c'est aussi 30 noyades en 2009, et 50 plaintes déposées au commissariat. Deux chiffres qui ternissent considérablement l'image du parc. Même Jérome Sturla, président de la Symalim, syndicat propriétaire du site, reconnaît que « l'image du parc est négative ». Mais cette réputation est-elle méritée ?

Baignade dangereuse ?

En 2009, 30 noyades ont été constatées, mais seules deux personnes sont décédées. « Et uniquement dans des zones non sécurisées », précise Jérome Sturla. Les accidents seraient plus dus à des «  comportement individuels » qu'aux dangers inhérents aux plans d'eau. A ce niveau, tout est fait pour rassurer les baigneurs : une dizaine de maîtres-nageurs sont là pour la surveillance.

Pour ce qui est de l'insécurité dans le parc, 50 délits ont été signalés l'an dernier dans la zone police du parc rattachée au Rhône. Pour ce qui est de la partie dans l'Ain, sous le contrôle de la gendarmerie de Miribel, « il faut rajouter encore une cinquantaine de cas » selon l'adjudant-chef Absolu. Mais pour lui rien de bien différent par rapport aux autres sites de détente. « La chaleur et l'alcool font mauvais ménage et des querelles peuvent avoir lieu à cause de ça  », raconte-t-il.

Des naturistes et des amoureux

C'est la plage naturiste qui alimente la légende urbaine du parc de Miribel-Jonage. « Bien sûr cela ramène une faune un peu étrange », rajoute un autre gendarme. « Les naturistes sont loin d'être un problème, mais des voyeurs viennent les importuner. La plage tombe sous le coup d'arrêtés municipaux bien précis, il est interdit de prendre des photos par exemple ». Sauf si les intéresses sont consentants. Mais selon la gendarmerie, il y a très peu d'agressions sexuelles ou autre délits de se genre : un seul cas en un an. Autre symbole du parc : l'exhibitionnisme. « Certaines personnes profitent d'endroits à l'écart pour avoir des relations sexuelles. La nuit ce n'est pas spécialement gênant, mais la journée le parc est fréquenté par de nombreuses familles ». Mais une seule affaire de ce type a été jusque devant les tribunaux l'an dernier.

Vers un avenir culturel

Bien décidé à changer d'image, et à attirer de nouveaux visiteurs, le Grand Parc de Miribel-Jonage investit dans le culturel. Avec le Festival Woodstower d'abord. Créé en 1996, il se déroule depuis 2005 sur le site de Miribel-Jonage. Au-delà d'être un festival rock, l'évènement est essentiellement axé sur le développement durable, avec un cahier des charges bien précis pour limiter déchets et consommations énergétiques. Cette année, Olivia Ruiz, Archive ou Pete Doherty viennent donner spectacle dans un but écolo, certes, mais qui participe au renouvellement de l'image du parc. L'enjeu étant pour Jérôme Sturla de proposer « une offre culturelle de qualité, qui s'adresse au plus large public possible ».

Mais c'est aussi des visiteurs d'une autre catégorie sociale que tente d'attirer le parc. Des activités sportives telles que le golf ou encore les balades à chevaux peuvent y être pratiquées. La parc propose même aux entreprises d'y organiser des séminaires.

Miribel-Jonage a aussi décidé de s'attaquer aux plus jeunes d'entre nous, pour expliquer à quel point il a changé. En 2011, un parc pour enfants sera donc construit. Mais c'est un artiste contemporain qui s'occupera de la création de cet espace. Une façon d'attirer des bébés de bobos.

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