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La piscine du rhone

Lyon : vigilance maximale pour lutter contre les noyades

Mercredi 18 juillet, le Premier ministre Édouard Philippe a annoncé vouloir renforcer son plan de lutte contre les noyades ainsi que le programme de formation à la nage dans les écoles. Les campagnes de prévention se déploient en ce moment : les parents doivent redoubler de vigilance et d’attention pendant la période estivale. Une étude de Santé publique France révèle qu’entre 1er juin et 5 juillet, 121 personnes mortes cette année par noyade sur 552 accidents au total. Sur Lyon, la politique de prévention et de surveillance semble suffisamment efficace.

Depuis le 1er juin, selon le Service Départemental-Métropolitain d’Incendie et de Secours (SDMIS), 24 interventions aquatiques ont eu lieu en eaux naturelles ou en piscines, dont 12 victimes : 2 personnes sont décédées, 2 étaient en état d’urgence absolue et 7 se sont retrouvées en urgence relative. « Tous les ans, une centaine d’interventions des pompiers se fait en un mois et demi en moyenne. Cela représente 80 % des interventions en période estivale et 80 % de ces noyades se déroulent en centre-ville, aux alentours du pont Lafayette », révèle le colonel Sébastien Pontet. Selon ce dernier, les noyades concernent surtout des tentatives de suicide, ou bien des paris pour traverser le Rhône ou la Saône : "Lorsque les gens boivent de l’alcool à proximité de l’eau, ils ont tendance à vouloir se rafraîchir, notamment sur les plages de galets à la Feyssine. Mais le Rhône est très dangereux avec ses nombreux courants d’eau, ces personnes surestiment leurs capacités. Le sol peut très vite se dérober en s’avançant de quelques mètres dans l’eau."

200 sauveteurs mobilisés dans le Rhône

Pour rappel, la réglementation interdit toute baignade dans le Rhône et la Saône et des panneaux de signalisation sont notamment installés vers les chutes de la Feyssine : « Cela n’a pu empêcher les six décès qui ont lieu au cours de deux années précédentes », déplore le colonel Pontet. La limitation des noyades est permise grâce à une organisation précise du SDMIS : en premier lieu, une équipe de 200 sauveteurs de surface est mobilisée sur tout le département pour récupérer les victimes en premier si possible. Sept engins nautiques sont en permanence dans l’eau et près de 60 plongeurs se situent à la Confluence. Lorsque ces derniers sont mobilisés pour récupérer les victimes, le taux de réussite du sauvetage se situe entre 5 et 10 %, la visibilité dans le Rhône est notamment extrêmement mauvaise, elle atteint 10 centimètres. Un sonar est disponible en cas de difficulté majeure, le département du Rhône est un des rares à pouvoir bénéficier de cet outil. Enfin, une ambulance est évidemment mobilisée pour soigner les victimes. Les pompiers sont également formés pour connaître le code d’accident fluvial, en particulier pour les accidents des bateaux de plaisance.

« Il n’existe pas de géographie de non-nageurs »

Du côté de la Mairie, l’adjoint aux Sports de la Ville de Lyon Yann Cucherat admet qu’une piscine en plus serait souhaitable pour accueillir au mieux les Lyonnais en période estivale. Le succès des douze piscines municipales se révèle dans le nombre croissant d’abonnements : la sécurité est assurée par la présence permanente de 40 agents maîtres-nageurs, sans compter la centaine de maîtres-nageurs saisonniers. Aucune noyade n’a été annoncée, si ce n’est des incidents de vol ou d’incivilité ou encore des accidents de plongeon. La Ville de Lyon, gérante des écoles primaires et partenaire des collèges, planifie différents temps pédagogiques scolaires en piscines.

Un dispositif pour savoir nager organise des actions sur les temps pédagogiques scolaires en piscine, soit 150 classes pour 3800 élèves. Lionel Douzet, responsable de pôle des piscines, souligne les points fondamentaux de ces cours : « L’important c’est qu’ils puissent s’en sortir quand ils tombent dans l’eau. On leur apprend aussi la responsabilité, à savoir ne jamais nager seul et dans une zone non surveillée et donner l’alerte dès qu’ils voient une personne se noyer. » Sur le plan social, il n’existerait pas de quartier plus ou moins marqué par le manque de jeunes sachant nager : «  Il n’existe pas de géographie de non-nageurs, on connaît des élèves de Saint-Exupery qui connaissent des difficultés à nager », dit Mr Douzet. En outre, un dispositif «  J’apprends à nager », lancé par le ministre délégué des Sports en 2015 Thierry Braillard, a permis de s’engager auprès des quartiers dans lesquels les enfants n’ont pas forcément la possibilité d’apprendre à nager. Ce dispositif gratuit s’est mis en place dans le 7e arrondissement, à la piscine Benjamin Delessert, pour accueillir chaque année une vingtaine d’enfants, âgés de 6 à 8 ans. Thibault Parent, directeur de Lyon Natation est satisfait du résultat : « L’apprentissage se fait dans une ambiance ludique, nous avons souvent un groupe très hétérogène, le travail se fait donc au cas par cas. L’essentiel c’est qu’ils apprennent à être confiants dans l’eau, casser l’appréhension et se sauver eux-mêmes. À la fin, ils obtiennent un diplôme de "Sauv'nage, c’est-à-dire savoir se sauver soi-même. »

Vigilance accrue le 14 juillet

Le SDMIS entretient une relation étroite avec la Ville de Lyon. Tous les vendredi et samedi soir, entre 21h et 3h, les pompiers naviguent sur le Rhône pour prévenir les jeunes buveurs du danger possible de la baignade au bord des berges. Cela se déroule entre le 15 juin et le début du mois de septembre. Nous avons été particulièrement vigilants le week-end du 13 juillet. «  Au sein du département et de la métropole, il y a environ 100 000 interventions par an, dont 100 qui concernent uniquement le milieu aquatique », conclut Sébastien Pontet.

Depuis 10 ans s’organisent les Journées nationales de prévention de la noyade qui se sont déroulées du 14 au 18 mai 2018 pour accentuer cette politique de la prévention. La sensibilisation des milieux scolaires et le grand public s’est déployée aussi pendant le 2e édition des Gestes qui sauvent en avril dernier. Une vérification fréquente des connaissances avec les maîtres-nageurs, le SAMU, l’armée et les pompiers du SDMIS est possible pendant ces événements. Les maîtres-nageurs ont notamment pu présenter la conduite à tenir en cas de noyade (risques, prévention…) dans la « rue des premiers secours » place Bellecour.

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