Barbarin Vœu Echevins
Philippe Barbarin

Lyon : Le vrai pouvoir des cathos

Les catholiques occupent, depuis des siècles, une place importante dans la vie de la cité. Fidèles à une tradition d’action concrète, les réseaux chrétiens infiltrent tous les pans de la société. S’ils disposent d’une vraie force de frappe pour monter des projets, leur influence politique décline toutefois depuis les années 2000. L’enquête de Lyon Capitale-le mensuel de décembre. Extraits.

“À Lyon, le catholicisme fait partie du paysage public. Il y a une grande habitude du religieux et de sa place dans la vie des institutions”, observe Thierry Magnin, le recteur de l’Université catholique. Des associatifs ou des prêtres n’ont pas attendu le concile Vatican II pour confronter l’Évangile à la société. Les catholiques “sociaux” sont des acteurs reconnus de la ville. Au quotidien, ils incarnent à travers des associations comme Habitat et Humanisme ou Notre-Dame-des-Sans-Abri le visage du catholicisme lyonnais. Mais cette vitrine active masque une forêt silencieuse que la loi sur le mariage et l’adoption pour les couples homosexuels a fait apparaître sur le devant de la scène. (…)

Un “concordat œcuménique”

À Lyon, les catholiques n’interviennent pourtant que rarement en tant que tels dans le débat public. Leur dernière prise de position portait sur le devenir de l’Hôtel-Dieu. L’intervention du cardinal Barbarin rappelant à Gérard Collomb qu’il n’avait pas été “élu pour gouverner seul” a évité que l’intégralité du site ne soit confiée au privé. “La Ville est très influencée par les cathos. Ils ont un pouvoir très fort. À chaque fois qu’ils formulent une demande, les élus plient le genou”, regrette Me André Vianès, un défenseur de la laïcité. L’un de ses camarades de lutte, Jean Petrilli, consigne et attaque en justice toutes les subventions versées par Gérard Collomb à des associations religieuses : “Le maire de Lyon se déclare laïc, mais il finance tous les cultes. Un concordat œcuménique s’est institué. Chez lui, cela relève du clientélisme et de sa conception de la laïcité, puisqu’il aide tout le monde. Il ne faut pas oublier que, sans une garantie de 9 millions d’euros de la Ville, l’Université catholique n’aurait pas pu s’implanter sur les anciennes prisons à Perrache.” (…)

Incontournables dans le social

“Les catholiques à Lyon ne pèsent plus autant qu’avant, mais ils restent toujours très influents. Ils agissent de manière très discrète”, estime Jeanine Paloulian, qui a connu le temps où les catholiques possédaient un vrai poids politique, avec des personnalités comme Charles Millon. Depuis l’arrivée à l’hôtel de ville du franc-maçon Collomb, leur influence s’est étiolée. Elle a pris une autre forme, plus militante. Les catholiques maillent presque l’ensemble de la vie publique. Ils sont incontournables dans le social, au travers d’associations comme Notre-Dame-des-Sans-Abri, le Secours populaire, Habitat et Humanisme, la fondation Abbé-Pierre. (…)

S’ils n’ont plus de pouvoir décisionnel, les catholiques sont partout dans Lyon. Sans faire de bruit, ils arrivent à se faire entendre. Lyon Capitale a cherché à savoir dans quelle mesure ils étaient écoutés, et par qui.

Une enquête à lire dans le mensuel de décembre, en kiosques jusqu’au 19 décembre (également en vente dans notre boutique en ligne).

Au sommaire

– Le fantasme du vote catho
Faute de leader, le poids politique des catholiques, historiquement au centre-droit, décline à Lyon depuis les années 2000. Ils restent toutefois une clientèle électorale que Gérard Collomb ne manque pas de choyer. Quitte à s’attirer les foudres de son propre camp…

Le choc générationnel
Les “cathos sociaux” prennent de l’âge. Dans le sillage de la Manif pour tous, une génération nouvelle investit la place publique. Avec un credo plus tourné vers les fondamentaux religieux.

L’économie, dernier bastion de puissance
Le tissu économique lyonnais reste fortement influencé par les réseaux catholiques. La ville est devenue une sorte de laboratoire du management catholique, entre la Catho et des groupes d’entrepreneurs.

Les grandes figures du patronat catholique

L’humanisme lyonnais est né catholique
Notre-Dame-des-Sans-Abri, Habitat et Humanisme, mais aussi Handicap International, Forum Réfugiés…

Les curés dans la cité
L’exemple des pères Delorme, Devert et (plus récemment) Thouvenot.

– “Merci Marie” : une campagne de pub à 15 000 euros

4 commentaires
  1. Gégé - mer 27 Nov 13 à 12 h 53

    Notre Dame des Sans Abris, le Secours populaire, la Fondation Abbé Pierre, Habitat et humanisme....De graves dangers pour la laïcité lyonnaise?Le défenseur autoproclamé de la laïcité Me Vianes et son collègue Petrilli feraient mieux d'aller à la messe à Fourvière le dimanche, celà leur ferait du bien.

  2. FOurs - jeu 28 Nov 13 à 13 h 38

    •'le Secours populaire' comme institution catholique ??! •Charles Millon avait un poids politique, il était inscrit dans une tendance religieuse, mais ne représentait les chrétiens ou les catholiques ! Votre phrase est tournée de manière ambigüe il me semble. •“Le maire de Lyon se déclare laïc, mais il finance tous les cultes. Un concordat œcuménique s’est institué. Chez lui, cela relève du clientélisme et de sa conception de la laïcité, puisqu’il aide tout le monde.(…)' cela y ressemble bcp!

  3. Myriam17 - jeu 28 Nov 13 à 16 h 46

    Quand on voit que GDF Suez vient d'investir plus de 300 000 euros chez habitat et humanisme, on ne peut pas dire que l'influence catholique est en déclin...

  4. kaoetic - ven 29 Nov 13 à 23 h 14

    'gégé' troll de notre 'sarkoziste' c'est de miracle qu'il faut parler pour vous tellement votre idolâtrie vous aveugle ! Comme toute les religions le social est par excellence l'outil du prosélytisme ...

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