Centre de protection urbaine de Lyon, 2011 © Tim Douet
Centre de protection urbaine de Lyon, 2011 © Tim Douet

Lyon : le nombre de rues concernées par la vidéoverbalisation va être presque doublé

La ville de Lyon a adopté ce jeudi lors du conseil municipal l'extension de la vidéoverbalisation à 60 nouvelles voies dans les 1er, 2e 3e, 5e, 6e, 7e et 8e arrondissements.

Mise en place depuis septembre 2019, l'expérimentation de vidéoverbalisation menée à Lyon va se poursuivre pendant trois ans et être élargie à de nouvelles rues des 1er, 2e 3e, 5e, 6e, 7e et 8e arrondissements de Lyon. En tout, ces 60 nouvelles voies porteront à 141 le nombre de rues concernées par la vidéoverbalisation. Cette décision a été validée ce jeudi soir lors du conseil municipal de la ville de Lyon. Selon la délibération adoptée hier, “l’expérimentation, menée depuis plus d’une année sur plusieurs secteurs de la commune a permis de contribuer à diminuer le nombre d’infractions impunies en appui des dispositifs humains mis en place”.

En tout, 3182 verbalisations ont été effectuées, 1754 procès-verbaux ont été dressés pour des infractions à la conduite des véhicules ne respectant pas la fermeture à la circulation de certaines rues, essentiellement les vendredis et samedis soirs de 22 heures à 4 heures du matin et 1428 contraventions ont été relevées pour des infractions au stationnement en soirée, comme en journée (passages piétons, trottoirs, voies piétonnes, voies de bus, pistes cyclables...). D'après Modamed Chihi, l'adjoint en charge de la sécurité, la vidéoverbalisation a généré 100 000€  de recettes depuis le début de sa mise en place.

“On ne parle pas de sécurité à chaque conseil sans raison”

Si elle a décidé de poursuivre cette expérimentation, la majorité ne fait pas de cet outil l'alpha et l'oméga de sa politique de sécurité. “En matière de sécurité, gardons-nous de tout manichéisme. Il n'y a pas d'un côté le camp de ceux qui garantissent la sécurité pour tous et de l'autre celui des laxistes. Nous comprenons qu'en matière de sécurité, aucun outil ne doit être négligé par principe, mais aucun ne doit être érigé comme un totem autour duquel nous devrions tourner. La question qui se pose est de savoir comment utiliser chaque dispositif et comment l'articuler avec les autres. Notre groupe n'est pas dogmatiquement opposé à la vidéo, mais il constate que ces moyens onéreux se substituent trop souvent pour palier à une réduction des effectifs de police au détriment de leur présence sur le terrain”, a déclaré Philippe Prieto, du groupe Socialiste, la gauche sociale et écologique.

Du côté de l'opposition, Pierre Oliver (Droite, centre et indépendants) a fait l'éloge de l'extension de la vidéoprotection et de la verbalisation à Lyon : “La caméra dissuade. Elle permet de résoudre des enquêtes, comme dans l'affaire du petit Yuriy, et elle permet aux habitants de se sentir en sécurité.” Et d'ajouter : “On ne parle pas de sécurité à chaque conseil sans raison. Il y a un problème, mais vous l'évitez, l'éludez, le paraphrasez. Vos réunions internes sont de l'esbroufe. Nous voulons des actes forts dont l'objectif est de pénaliser les criminels et non pas de se servir d’eux comme des alibis pour pénaliser des automobilistes qui eux sont dans la règle.”

“Moi je ne rêve pas d'une société où nous serions uniquement capables d'arrêter les délinquants et les criminels”

“Puisque l'exemple du jeune Yuriy a été pris, les caméras étaient bien présentes et ont filmé l'agression. Mais il a bien été tabassé. Et j'en ai été comme vous extrêmement choqué”, lui a répondu Grégory Doucet. Puis de conclure : “Moi je ne rêve pas d'une société où nous serions uniquement capables d'arrêter les délinquants et les criminels, mais je rêve d'une société qui prévient la délinquance et la criminalité et qui l'empêche d'advenir. Cette société n'est ni pour aujourd'hui ni pour demain. Mais je suis convaincu que si nous n'agissons pas dans l'esprit de la prévention en ne pensant qu'à la répression, nous ne viendrons jamais à bout de cette délinquance et de cette criminalité.” Seul le groupe Lyon en Commun s'est abstenu.

6 commentaires
  1. Chewbacca - ven 29 Jan 21 à 15 h 11

    J'ai des noms de rue et boulevard à leur soumettre, si d'aventure ils ne savaient où les positionner leurs nouvelles caméras !!!

    1. Abolition_de_la_monnaie - ven 29 Jan 21 à 15 h 33

      C'est vrai qu'il y a un certain nombre d'endroits où la sécurité routière n'est pas assurée par des gens garés en double file ou sur des pistes cyclables. Et à moins de laisser des policiers en permanence... la solution est donc les caméras verbalisantes 🙂

  2. Limas69 - ven 29 Jan 21 à 17 h 22

    Bof, tellement facile de taper toujours sur les mêmes !

  3. Chewbacca - ven 29 Jan 21 à 17 h 47

    Vous allez Bvd Yves Farge, Bvd Jean Jaurés, Rue Crepet, rue Felix Brun, Rue de Gerland, rue Ravier, rue Clément Marot, rue Michel Félizat....
    Et là, allez-y; entre excès de vitesse, non respect des feux oranges et rouges, non respect des "stop" et "cédez le passage", non respect de la priorité à droite, stationnement sur les voies de circulation passé une certaine heure...
    Franchement, il y a de quoi faire.... Et au volant, oui, ce sont toujours les mêmes...

    Oh mon dieu, que n'ai je pas écrit ???

    1. Galapiat - sam 30 Jan 21 à 0 h 17

      Celui qui dit la vérité !!! Guy Béart.....

  4. Galapiat - sam 30 Jan 21 à 0 h 29

    Doucet "rêve" d'une société apaisée ?? ,, mais, plus haut dans le texte, l'adjoint à la sécurité souligne les 100 000€ qu'a rapportée la vidéo-verbalisation . Ceci à mettre en parallèle avec les PV pour défauts d'attestations qui ne servent qu'à remplir les caisses de Bercy. Et ça continu , réduire le nombre de places de stationnement, pour "guider" le mouton automobiliste vers les parcs payant, pour le plus grand profit des privés gestionnaires de la voie ex public

Les commentaires sont fermés

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