faits divers
Les pompiers du Rhône manifeste devant la métropole de Lyon © Tim Douet

Lyon : face au dispositif policier, les pompiers renoncent à manifester

Face à l'important dispositif policier déployé ce jeudi autour de la préfecture, les pompiers qui réclament la création de 150 postes supplémentaire ont décidé de ne pas manifester pour ne pas “faire monter la pression”.

La manifestation de pompiers prévue ce jeudi devant la préfecture du Rhône n'a finalement pas eu lieu. Face au très important dispositif policier installé autour de la préfecture, les soldats du feu ont décidé de ne pas manifester. “Ça fait 28 ans que j'organise des manifestations et je n'ai jamais vu ça. Il y avait les bleus et les blancs d'un côté et de l'autre de la préfecture. Du coup, on a décidé de calmer de jeu”, a confié Rémy Chabbouh, représentant Sud-Sdis69. Il faut dire que la violence des manifestations est montée crescendo ces derniers temps. Ce qu’a reconnu le délégué syndical : “quand les gars ne se sentent pas écoutés ça monte en pression”. De son côté, la préfecture a expliqué “avoir mis en place un dispositif en conséquence, après les débordements des dernières manifestations”.

“On demande des effectifs et eux parlent de primes”

Comme l'avait annoncé Jean-Yves Sécheresse lors du dernier conseil métropolitain , des augmentations de salaire ont été proposées aux pompiers notamment via une progression des IAT (indemnité d'administration et de technicité) de 5 % au lieu de 4 %. “Une petite avancée”, selon Rémy Chabbouh qui regrette que sa direction se trompe de réponse. “On demande des effectifs (150 postes, NdlR) et eux parlent de primes. Aujourd'hui, il n'y a personne dans les camions et eux proposent des nominations au grade supérieur”, regrette ce dernier.

De son côté, le Service départemental-métropolitain d'incendie et de secours (SDMIS) assure que les augmentations d'effectifs ne pourront être que de 50 postes maximum sur cinq ans. “Ces 50 postes, c'est ce qu'on pouvait obtenir de mieux avec notre périmètre financier”, a déclarés Jean-Yves Sécheresse. Celui qui est président du conseil d'administration du SDMIS a par ailleurs assuré que les temps d'intervention des pompiers lyonnais étaient meilleurs que ceux de territoires équivalents. “Ici, la moyenne des interventions est de 9,51 min. À la Doua on est autour de 6,30 minutes. C'est 10 minutes dans les Bouches-du-Rhône, 10,59 minutes en Loire-Atlantique et 14 minutes en Gironde”, avait-il assuré.

Reprise des manifestations après la trêve de Noël ?

Un argument qui ne convainc pas le délégué syndical. “Les pieds dans le four, la tête dans le congélo, on est à la bonne température. Il a comparé notre département avec d'autres de la même catégorie. Sauf qu'on n'a pas la même superficie. Chez nous, le temps est forcément plus court parce que le Rhône est petit avec une densité de population forte. Si ça va vite, c'est parce que 80 % des interventions se font en centre-ville. En revanche lorsqu’on sort de l'hyper-centre, on se retrouve dans une situation différente avec des délais de 25 ou 30 minutes”, a-t-il conclu. Les fêtes de Noël devraient faire retomber la grogne avant un retour de la contestation en janvier si les revendications des pompiers ne sont pas entendues.

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