Manifestation d’une quarantaine de catholiques contre le manque de transparence de l’Église sur les scandales sexuels. ©Flora Chaduc

Lyon : des catholiques dénoncent le manque de transparence dans l'Église (vidéo)

Des catholiques se sont réunis devant la cathédrale Saint-Jean à Lyon pour appeler les instances de l'Église à plus de transparence dans les affaires de scandales sexuels.

La foule des grands jours s'est installée dimanche 30 octobre sur la place Saint-Jean à Lyon. Devant la cathédrale, des passants se massent, profitant de la chaleur improbable de cette fin octobre. Une légère brise parcourt la place. Des danseurs s'affairent devant l'entrée de la cathédrale tandis que la musique d'un orgue de barbarie se fait entendre. Un jongleur de rue amuse même la galerie. L'esprit festif, quasi estival, offre une tribune presque inattendue aux manifestants rassemblés devant fontaine Saint-Jean. "On a choisi un dimanche parce que l'on pensait qu'il y aurait moins de touristes", souffle Mahaut Herrmann, membre du collectif Agir pour notre église. Raté. Finalement, cela permet aussi d'expliquer à un plus large public la présence de cette quarantaine de manifestants devant le lieu de culte. "Nous sommes présents pour dénoncer les scandales d'abus sexuels dans l'Église", explique, en anglais, une manifestante à un touriste allemand. Cette après-midi, oui, la transparence est de mise.

Les pancartes réalisées pour la manifestation #SortonsLesPoubelles ont été disposées devant l'entrée de la cathédrale Saint-Jean. ©Flora Chaduc

"Cela pourrit la vie de nos églises"

Ces catholiques pratiquants se réunissent sous le slogan #SortonsLesPoubelles, en écho à un tweet de l’ancien archevêque de Paris, Monseigneur Aupetit, reprochant à certains d’aimer fouiller les poubelles. Cet appel à manifester a été lancé il y a seulement quelques jours, après la révélation de l'affaire Santier. Celle-ci a mis en lumière la dissimulation de l'Église d'une condamnation canonique de l'ancien évêque de Créteil, Mgr Santier, pour des "abus spirituels à des fins sexuelles".

Pour les fidèles, c'en est trop. "Nous sommes en colère vis-à-vis de nos évêques qui n'ont toujours pas compris qu'il faut communiquer auprès des fidèles lorsque des prêtres sont condamnés pour des affaires sexuelles, explique Mahaut Herrmann. Il faut savoir à qui l'on peut faire confiance. Ce manque de transparence pourrit la vie de nos églises".

Manifestation d'une quarantaine de catholiques contre le manque de transparence de l'Église sur les scandales sexuels. ©Flora Chaduc

"On ne demande pas la lune"

Le collectif Agir pour notre église, initiateur de la manifestation un peu partout en France, a été créé il y a un an. Après la remise du rapport de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (Ciase), son but était d'accompagner les paroisses et fidèles dans l'acceptation de ce rapport et dans la transformation des instances. Personne n'imaginait manifester, un an plus tard, pour continuer d'exiger la transparence dans ces affaires. "Nous avons des exigences envers nos évêque. On ne demande pas la lune quand on veut être informé des condamnations canoniques prises à l'encontre des prêtres", indique explique Jean Dumant-Liczka, membre d'Agir pour notre église. Si la mobilisation a eu lieu ce dimanche, ce n'est pas un hasard du calendrier : les évêques se retrouvent du 3 au 8 novembre pour leur assemblée plénière à Lourdes.

Mahaut Herrmann : "Ce n'est plus normal qu'on ne sache pas quel prêtre, quel évêque, quel accompagnateur a été sanctionné" (vidéo)

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