Lyon  : de nouveau la capitale de la lingerie ?

Huit ans après le départ de sa ville d'origine, le salon international de la lingerie et du maillot de bain est de retour le 9, 10 et 11 juillet à Eurexpo. Pendant trois jours, 700 exposants du milieu de la mode et de l'industrie présenteront leurs nouvelles collections à leur clientèle professionnelle venue des quatre coins du monde. L'opération séduction est au rendez-vous, y compris celle de la ville de Lyon.

Les amatrices de lingerie et de maillots de bain tendance peuvent peut-être remercier le football. Avec la finale de l'Euro 2016 ce dimanche entre l'équipe de France et le Portugal au Stade de France, le salon international de la lingerie fait son retour à Lyon après huit ans d'absence. La Ville de Lyon, et tout particulièrement Gérard Collomb, peut également se réjouir du retour d'un évènement prestigieux et dont les retombées économiques sont estimées à 15 millions d'euros. Les exposants - 700 dont 70 % d'internationaux- ont de gros clients, eux aussi internationaux. "Leurs clients sont des gens qui comptent beaucoup pour eux et qu'ils voient en général une fois par an sur le salon, donc ils les emmènent dans les restaurants, etc. En général, ils investissent, c'est ce que Lyon a beaucoup apprécié dans le temps. Il y a peut-être moins de monde que sur un salon de métier de bouche ou sur un Pollutec - qui sont aussi deux grands évènements phares qui se déroulent ici-, mais ce sont des gens qui dépensent", explique à Lyon Capitale Marie-Laure Bellon, présidente du directoire chez Eurovet, leader mondial français dans la lingerie et le maillot de bain.

Standing international et connexions stratégiques

L'édition de cette année est aussi peut-être une preuve de l'évolution de la ville en terme d'accueil d'une clientèle internationale de professionnels de la Mode et de l'Industrie. En effet, le salon Mode City, le grand salon mondial de la lingerie, et Interfilière, le salon des textiles de lingerie, avaient quitté leur site originel pour Paris en raison du manque de capacité d'hébergement et de taxis à Lyon, mais aussi des moindres possibilités de connexions internationales au niveau des transports. Un choix stratégique qui a permis au salon d'augmenter de 30 % le nombre de visiteurs internationaux. Aujourd'hui, la situation semble différente, poursuit Marie-Laure Bellon : "par rapport au moment où l'on est parti, Lyon a beaucoup amélioré son offre hôtelière, mais aussi celle de rotation sur les navettes à l'aéroport, TGV et autres transports". L'accès plus aisé de Lyon par rapport aux pays de l'Europe du Sud est selon elle, un avantage : "ils adorent cette ville et je pense qu'on va avoir une augmentation des visiteurs de ces pays-là. Aussi, pour les pays de proximité comme la Suisse où l'Autriche, Lyon est accessible en voiture, donc c'est aussi intéressant pour eux. Les connexions directes avec Moscou sont aussi très bien, car on a beaucoup de clientèle russe, même chose pour le Moyen-Orient". Du côté des inconvénients dans l'accessibilité, on trouve plutôt les États-Unis ou les pays d'Europe du Nord, qui peuvent faire un aller-retour à Paris sur la journée, contrairement à Lyon. Pour ces trois jours de défilés de tenues légères, de fines dentelles travaillées et de bikini version 2017, les acteurs politiques et économiques lyonnais veillent au grain, à en croire les mots de la présidente du directoire d'Eurovet : "je tiens vraiment à remercier tout le monde, que ce soit GL Events, le Parc des Expositions, la Métropole et même le Sytral qui nous a développé plus de navettes et plus de rotation sur les transports. Tout le monde a très bien réagi et c'est un grand plaisir de travailler dans ces conditions-là. Ce n'est pas le cas de toutes les villes".

Reviendra ou ne reviendra pas  : le client sera roi

Au départ, la décision de revenir à Lyon est prise pour l'édition de cette année face aux difficultés d'organisation de l'hébergement à Paris en raison de l'Euro. La ville de Lyon peut-elle cependant redevenir la capitale de la lingerie et du maillot de bain ? Eurovet, organisateur du salon, comprend la fédération de la maille et de la lingerie. Pas question de prendre une décision sans avoir consulté leurs clients, que ce soit les patrons de marques -plus de 400 au salon- ou les patrons des tisseurs. À la fin de l'édition lyonnaise à Eurexpo (le 9-10 et 11 juillet) la décision d'organiser le prochain salon à Lyon ou à Paris devrait être prise. Du côté des marques, la balance semble plutôt pencher pour Paris : lieu de présentation de la mode sur le plan international par excellence. "Il s'agira de peser les avantages et les inconvénients avec nos clients et de prendre le temps de faire un bilan" conclut Marie-Laure Bellon, qui ne cache pas tout de même l'ambiance d'été qui règne à Lyon, très favorable à un salon professionnel de maillots de bain. En attendant d'avoir la réponse, la ville prolonge un peu l'évènement jusqu'au 24 juillet avec l'exposition sur les "70 ans du Bikini" à La Sucrière. Pour savoir s'il faudra désormais attendre huit ou soixante-dix-ans pour avoir à Lyon les plages qui vont avec les bikinis... Lyon Capitale apporte des éléments de réponses dans son mensuel d'été, actuellement en kiosque.

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