Lyon dans le top 15 européen : c'est encore raté

Au palmarès Cushman and Wakefield qui porte sur l'attractivité des métropoles économiques européennes, la capitale des Gaules surpasse Rome ou Prague mais s'est faite devancer cette année par Birmingham.

Les classements passent et Lyon reste désespérément aux portes du top 15 européen, l'objectif avoué de Gérard Collomb. Dernier en date : le palmarès établi par le cabinet Cushman and Wakefield dévoilé aujourd'hui où elle figure au 19e rang des villes les plus attractives, reculant d'une place depuis l'an dernier.
Le podium de cette enquête menée auprès de 500 dirigeants européens reste inchangé : Londres, Paris puis Francfort tandis que Barcelone (4e) passe devant Bruxelles (5e). Le recul de Lyon est dû au boum réalisé par Birmingham (+ 7 places, en 14e position).

On pourra se gargariser en observant que Rome, Prague, Vienne ou Stockholm sont derrière nous. Ou se consoler en constatant que Marseille et Lille, les rivales françaises, n'apparaissent même pas parmi 34 villes distinguées. En particulier 39 % des décideurs perçoivent la capitale des Gaules comme un site naturel pour implanter son activité contre seulement 14 % pour les deux autres villes françaises. Il est notable que Lyon apparaît dans les palmarès internationaux : 2e agglomération française la plus attractive selon le baromètre Ernst&Young, 10e métropole la plus innovante de la planète d'après le consultant australien "2thinknow" et 37e ville au monde en termes de qualité de vie à en croire le cabinet américain Mercer Human Ressource Consulting.

"Pas perçue comme une ville universitaire"

Après la nette progression de cinq places en 2007 dans ce classement Cushman and Wakefield, Lyon semble stagner. Il est difficile pour elle de rivaliser face à des métropoles de taille supérieure, dépassant souvent les trois millions d'habitants. Ce palmarès fait apparaître les atouts et les handicaps de la capitale de Rhône-Alpes. Sa faiblesse reste la perception des décideurs sur sa situation dans les réseaux internationaux de transport (21e place), le niveau de sa main d'oeuvre qualifiée (30e place) et la maîtrise en langues étrangères par sa population (32e place). "Lyon n'est clairement pas perçue comme une ville universitaire", pointe Jacques de Chilly, directeur exécutif de l'Aderly (agence pour le développement économique de la région lyonnaise). Parmi ses forces, figurent la qualité de vie offerte au personnel (14e place), l'environnement (12e place) et plus encore le coût de l'immobilier d'affaires (5e place) - un critère de plus en plus déterminant pour les entreprises. Un avantage à double tranchant toutefois qui témoigne aussi de l'attractivité relative de Lyon : si elle est peu chère, c'est aussi qu'elle est peu demandée...

Un immobilier d'entreprise peu onéreux

Selon l'Aderly, s'installer entre Rhône et Saône coûte 260 euros HT/m2 contre 730 euros à Paris. Cet avantage s'estompe cependant avec la crise qui provoque une chute des prix des capitales les plus chères. A Lyon, le stock de locaux disponibles se tarit, mais devrait repartir à la hausse avec la livraison de la tour Oxygène et des opérations Confluence et Carré de Soie. Et plus encore si la tour Incity voit bientôt le jour.
"Lyon attire des back-offices tandis que Paris garde ses grands sièges nationaux", constate Jacques de Chilly. Selon l'étude de Cushman and Wakefield, quatre groupes envisagent leur arrivée à Lyon dans les cinq ans à venir, ce qui apparaît comme une performance modeste au regard des multinationales intéressées par Paris (27), Barcelone (16) ou même Genève (6).

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