Manifestation La Fête à Macron sur la place des Terreaux (© Antoine Sillières)

Lyon aussi fait la Fête à Macron

Le rassemblement de protestation contre la politique d'Emmanuel Macron a rassemblé quelques centaines de personnes à Lyon, et plusieurs dizaines de milliers dans la capitale.

Convergence des luttes, jusque dans la forme. Autour de petits stands, du journal Fakir, de la France insoumise, ou assis en petits cercles sur la place des Terreaux, entre syndicalistes, à discuter entre opposants à la politique gouvernementale, ils étaient environ 500 en milieu d'après-midi devant l'hôtel de ville de Lyon pour faire la Fête à Macron. Des infirmiers, ambulanciers, étudiants, salariés du privé, artisans, réunis autour d'une fanfare et qui se succèdent au micro, sur le perron d'un l'hôtel de ville, longtemps occupé par l'actuel ministre de l'Intérieur.

Collomb pointé du doigt

Manifestation La Fête à Macron sur la place des Terreaux (© Antoine Sillières)

Le mouvement de Jean-Luc Mélenchon avait appelé à un raz-de-marée humain. "On devrait être beaucoup plus", souffle ce potier venu de la Drôme. "La plupart sont à Paris", avance ce salarié de Renault Trucks. Ce rassemblement "pot-au-feu" du 5 mai, comme il a été baptisé, a réuni entre 40.000 et 150.000 personnes dans la capitale, selon les comptages respectifs de la préfecture et de la France insoumise. "On ne lâche rien, il faut bien lui fêter ses un an à Macron, surtout avec tout ce qu'il a fait depuis son élection", ironise cette salariée du privé.

Evidemment, face à l'hôtel de ville sur lequel plane toujours l'ombre de celui qui l'occupa 16 années durant, les critiques ne mettent pas longtemps à se tourner vers la politique migratoire. "On enferme des mineurs 90 jours maintenant, c'est la honte", se désole cette salariée du privé. "Cette loi asile immigration veut monter les gens les uns contre les autres, en oubliant que ceux qui sont appelés migrants aujourd'hui se déplacent parce que nous avons pillé leurs ressources", s'indigne un autre opposant à Emmanuel Macron. L'écho résonne d'autant plus fort alors que Gérard Collomb a été interpellé, ce vendredi, par plusieurs personnalités politiques de gauche sur la situation de Moussa Camara, qui a ému à Lyon.

"Convergence des luttes"

On se succède au micro. Des étudiants qui défilent avec un cercueil à l'épitaphe "1968-2018 : université française", rappellent que les blocages se poursuivent à l'ENS, alors que l'université Lyon est toujours fermée. Il y a aussi ces militants du "Comité d'organisation du 5 mai à Lyon", qui font le tour des personnes présentes avec des cahiers dans lesquels ils notent les revendications. "C'est plus qu'un cahier de doléances, on ne va pas attendre que ça tombe, explique cette mère de famille. On en a marre d'entendre que rien ne bouge. Là on va reprendre les revendications de chacun, pour en débattre ensuite place Guichard toutes les semaines".

Cet ambulancier de l'Ain dit soutenir toutes les luttes. Il gronde contre la "précarité sociale" accrue et les "avantages donnés aux plus riches" depuis un an. S'il n'a pu faire grève, il a néanmoins "reversé une journée de salaire aux cheminots, par solidarité". Avec sa chasuble CGT, ce syndicaliste d'Ambérieu-en-Bugey demande quant à lui davantage de véhémence aux responsables syndicaux dans leurs négociations avec le pouvoir politique. "La convergence des luttes oui, mais cela passe aussi par des actions de désobéissance. Parce que Martinez et les autres, ils ne sont pas assez virulents", regrette-t-il

Les ordonnances de la loi Travail sont encore bien présentes dans les esprits."Ma fille, elle est en stage, elle bosse 10 heures par jour pour 400 euros, raconte ce papa. Ca remplace un emploi salarié !". D'autant que la plupart des personnes rencontrées ont voté blanc ou se sont abstenues au second tour de la présidentielle de 2017. "On nous a déjà fait le coup en 2002", rit-on, jaune. Les personnes présentes sur le rassemblement lyonnais semblent par ailleurs se désolidariser des dégradations commises le 1er mai à Paris par les anarchistes des "black blocks".

 

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Dans un post publié sur Facebook, Gérard Collomb raconte être "allé au contact des groupes de jeunes qui faisaient face aux forces de l'ordre" ce samedi place Bellecour pour les "interpeller en leur signifiant qu'ils ne pouvaient pas gâcher la fête des lumières, la fête de tous les Lyonnais, leur fête".
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