Villeurbanne migrants
© Marie Maleysson

Lyon 8 : un gymnase fermé en plein dispositif hivernal

Ce lundi matin, plusieurs bénévoles, sympathisants et militants du collectif Agir Migrant Lyon se rassemblaient devant le gymnase Dargent, dans le 8e arrondissement. Le gymnase qui servait d’hébergement d’urgence pour le dispositif hivernal devrait fermer ses portes dès demain matin. Une situation « révoltante » selon les membres présents.

Les températures ne sont pas prévues à la hausse selon Météo France. Et pourtant, alors que plusieurs familles pouvaient bénéficier d’un hébergement de nuit au gymnase Dargent, celui-ci devrait fermer ses portes demain matin. Des familles avec des enfants en bas âge, des personnes isolées, mais aussi une femme enceinte se retrouvent sans solution pour les jours à venir. Florence, sympathisante du collectif Agir Migrants Lyon, se révolte : "Ça soulève l’indignation. Je ne comprends pas qu’une puissance comme la nôtre fonctionne aussi mal. On ne peut pas mettre des gens à la rue, alors que nous sommes en plein hiver, en période de vacances scolaires et que le gymnase est vide." Elle est venue au rassemblement ce matin, pour essayer de faire entendre sa voix.

Que vont devenir les personnes hébergées au gymnase Dargent ?

Impossible pour les bénévoles de savoir si le gymnase restera effectivement fermé. "On a eu cette information par les gens qui y sont hébergés, on ne sait absolument pas ce qu’il se passe. Ce matin, on nous a refusé l’entrée dans le gymnase. Il y avait une personne de la préfecture, mais elle n’a pas voulu nous parler", raconte Agnès, membre du collectif. Contactée par la rédaction, la préfecture confirme qu'officiellement, le gymnase devait effectivement fermer demain. Des discussions sont cependant en cours pour obtenir un délai de 48 à 72 heures d'ouverture supplémentaires. Les militants du collectif s’insurgent : "Il n’y a aucun accompagnement. Les personnes hébergées doivent quitter les lieux sans qu’on leur indique où aller !" À cela, la préfecture répond qu’un diagnostic social a été établi, et que plusieurs personnes ont été reconduites vers les structures adaptées. Pour une quarantaine de personnes encore, les solutions sont à trouver.

Collomb et Philippe à Lyon, qui sont les associations invitées ?

Le rassemblement tombe le jour de la visite à Lyon d’Édouard Philippe et Gérard Collomb. Le Premier ministre et le ministre de l’Intérieur doivent recevoir plusieurs associations actrices de la solidarité afin d’échanger de l’accueil des migrants. "On aimerait surtout savoir qui est invité, et ce qu’il va se dire", questionne Marion, engagée auprès d’Agir Migrants Lyon. "Les gens comme nous qui œuvrent quotidiennement sur le terrain n’ont aucun intérêt à être entendus par les pouvoirs publics", regrette-t-elle. Les bénévoles craignent que la visite du Premier ministre et du ministre de l’Intérieur ne serve pas à grand-chose : "Il faut voir la manière dont ils lisent les chiffres. Ce qui serait surtout intéressant c’est qu’ils se rendent sur le terrain, pour voir la réalité telle qu’elle est sur le terrain", se scandalise une militante.

"Rendre le problème invisible"

Pour Marion, même moindre, le rassemblement est capital : "C’est juste scandaleux. Ils promettent des solutions, mais ferment des centres." En contact avec les différents squats ouverts récemment, Marion sait que le 115 envoie parfois des personnes dans lesdits squats. "Ils appellent pour savoir s’il reste de la place. C’est bien la preuve qu’eux aussi sont débordés !" La préfecture admet ne pas être au courant de ces pratiques. Selon Marion, disperser les squats est une manière pour la préfecture de "rendre invisible le problème". Elle explique : "Forcément, si on ne voit plus une masse de gens à la rue, s’ils sont éparpillés partout ailleurs, le problème se voit moins, et on oublie."

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3 commentaires
  1. inesP - 19 février 2018

    A vue de nez, il y a autant de migrants que de bénévoles sympathisants. Donc, si chaque bénévole sympathisant prend un migrant chez lui, le problème est réglé... Ou alors, ce sont juste des hypocrites....

  2. Robes Pierre - 19 février 2018

    inesP:::Je pense même que les 'bénévoles' n'auront pas chacun le leur.

  3. Abolition_de_la_monnaie - 19 février 2018

    Si les réquisitions de logements vides ne sont pas faites, si les logements sociaux, les logements étudiants sont en nombre insuffisants, c'est uniquement pour que les prix de l'immobilier ne s'effondrent pas. Les 'gens à la rue', c'est organisé, ça fait peur aux autres en plus, donc ils se tiennent à carreau ! En utilisant de la monnaie, nous sommes tous complices de cet état de faits.

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