Lyon 3 : le département d'Indologie stoppé net par la présidence

Depuis 2013 à Lyon 3, un master unique en France permet de se spécialiser dans deux langues indiennes : l'hindi, parlé couramment en Inde, et le sanskrit, langue ancienne plutôt écrite. Alors qu'une licence pour compléter le cursus pouvait être mise en place et être gratuite pour les étudiants, la présidence a refusé, jugeant notamment que "la matière prenait trop d'heures."

En France, la possibilité d'accéder à un master complet en civilisation et langue indienne se résume à deux possibilités : Paris et Lyon. Mais trois ans après sa création, le master de Lyon 3 sur la culture et les langues indiennes se voit stoppé dans ses avancées. Mme Chojnacki, la professeur qui dirige le département de civilisation indienne, explique que pour que la formation coûte moins cher à l'Université, le master "a la particularité d'être en collaboration avec l'Université de Lausanne. Nous donnons des cours par visio-conférence pour amoindrir le coût. Nous avons également réussi à obtenir la collaboration gratuite d'un enseignant chercheur à l'Ecole française d'extrême Orient et qui fait 54 heures pour l'Université."

Pas de licence pour accompagner le master

Le dynamisme et la particularité de cette formation lyonnaise a également permis à Lyon 3 d'acquérir un don de près de 2000 ouvrages de la part du Collège de France, ainsi qu'une proposition de l'Etat Indien. "Le gouvernement indien a proposé une chaire de hindi avec un professeur qui serait payé à 80 % par l'Inde, ils ont proposé de prendre en totalité la charge de son salaire en demandant que l'Université Lyon 3 prenne à sa charge le logement et l'assurance. C'est très intéressant car cela aurait été la première chaire de hindi installée en France, alors qu'il y en a déjà plusieurs en Allemagne et une en Suisse avec laquelle nous collaborons". Cependant, le doyen de l'Université n'en a pas vu l'intérêt : la présidence a refusé. Le doyen a écrit noir sur blanc que "la matière prenait trop d'heures" et qu'il souhaite les réduire "au nom de l'intérêt général de la faculté des langues, pour les répartir à d'autres disciplines". Des choix qui, à terme, selon la professeur, "vont détruire le master".

"Pour répondre aux demandes du marché indien, il y a des connaissances spécifiques"

La filière proposée à Lyon 3 a pour ambition de répondre à plusieurs objectifs : former des étudiants à la recherche puisqu'il n'y a que trois centres en France, mais aussi permettre aux étudiants d'autres matières d'acquérir une double-compétence. "Régulièrement, j'ai des étudiants en droit ou en management qui veulent avoir des connaissances dans le domaine indien pour pouvoir ensuite répondre aux demandes de ce marché. Il y a des connaissances spécifiques, si on ne les a pas, on ne s'insère pas si facilement en Inde. Le fait que l'Inde ait souffert d'un passé colonial fait que la connaissance de leur culture et de leurs langues est particulièrement appréciée. On croit souvent que contrairement à la Chine, l'anglais suffit en Inde, mais on ne réalise pas les avantages que peuvent procurer la connaissance de leur culture et de leur langue." Dès la rentrée prochaine, les étudiants du département ont prévu de se mobiliser pour que, malgré le refus de la présidence de créer une licence, le master puisse perdurer.

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