Les surveillants pénitentiaires entendus

D'une efficacité redoutable, les gardiens de prisons du Rhône ont manifesté massivement mardi 15 décembre. Ils ont récupéré le paiement de leurs heures supplémentaires de décembre en moins de six heures.

Plus que remontés, les surveillants pénitentiaires lyonnais déjà échaudés par le manque de moyens depuis le transfert de mai dernier à la nouvelle prison de Lyon Corbas, se sont mobilisés massivement mardi. Ils avaient appris le 11 décembre dernier que leur administration comptait geler le paiement de leurs heures supplémentaires, primes de nuit et indemnités de dimanches et jours fériés au mois de décembre. “On a appris que l'enveloppe était vide“, indique Jean-Michel Deboille, délégué CGT à la prison de Lyon-Corbas. Raison invoquée par le ministère : une banale erreur de budgétisation des heures supplémentaires. “Il n'avait pas prévu qu'il faudrait en payer autant“, précise Jean-Michel Deboille, délégué CGT à la prison de Lyon-Corbas.

Mardi matin, les agents pénitentiaires du Rhône ont donc bloqué l'accès aux prisons de Lyon-Corbas et Villefranche-sur-Saône pour montrer leur mécontentement. Dès 5h30 du matin, ils étaient une cinquantaine devant les grilles de l'entrée principale de Corbas à manifester, entre vingt-cinq et trente s'y sont maintenus jusqu'à 11h30. Idem à la prison de Villefranche-sur-Saône où, entre 5 heures et 8h30 ce matin, quinze agents pénitentiaires ont mis le feu dans des bidons et installés des pneus devant l'entrée de la prison. Au plus fort du mouvement à Villefranche, entre 8h30 et 10h, ils étaient entre cinquante et soixante personnes.

A 11h30, les manifestants ont levé leurs piquets de grève lorsqu'ils ont appris de leurs syndicats nationaux (UFAP/UNSA, FO SLPénitentiaire et la CGT pénitentiaire) l'engagement de Michèle Alliot-Marie, la ministre de la Justice, qui venait de s'engager à leur payer leurs heures supplémentaires et autres primes à la fin normalement à la fin du mois. Une bataille syndicale gagnée en six heures dont ne manqueront pas de s'inspirer les syndicats dans leurs prochains combats.

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