Pharmacie
© Marie Maleysson

Les patients LGBT sont-ils bien reçus dans les pharmacies de Lyon ?

Une pharmacie LGBT-friendly a ouvert à Lyon au mois d’octobre. Située sur les quais du Rhône, l’officine veut répondre à un besoin des patients lyonnais.

Sur la porte d’entrée de la Pharmacie du Village, un petit drapeau arc-en-ciel en guise de signe de bienvenue. "L’idée est venue quand des amis et des proches nous ont fait comprendre qu'il est difficile d’aller chercher certains traitements à la pharmacie. On ne s’attendait pas à ça" raconte l’un des deux associés de la Pharmacie du Village. Ouverte depuis le mois d’octobre, elle se positionne ouvertement LGBT-friendly tout en restant ouverte à tous les patients. Pour ses deux fondateurs, il y a des spécificités dans la prise en charge de certaines pathologies comme le VIH et l’hépatite C et la distribution de la trithérapie et de la PrEp, un traitement préventif destiné à réduire le risque de contracter le VIH sans protéger des autres IST. "Il y a un vrai besoin d’éducation thérapeutique et il y a déjà tellement de choses à connaître dans une officine que certains patients se retrouvent parfois face à un manque d’informations", confie le deuxième associé avant de rajouter qu’il existe "d’autres pharmacies qui traitent très bien le VIH à Lyon".

Même discours dans la pharmacie Chedorge, située sur le cours Gambetta et membre du réseau Virages-Santé, qui réunit un ensemble de professionnels de santé spécialisés dans l’accompagnement et le traitement du VIH. "Il y a une véritable nécessité pour des patients qui ont besoin d’une écoute différente et de l’empathie nécessaire, notamment ceux qui prennent la PrEp ou une trithérapie. On a eu des échos de mauvais traitements, c’est certain", confie un pharmacien. Également LGBT-friendly, l’officine dispose d’un salon d’accueil fermé et discret pour accueillir les patients touchés par le VIH.

Aborder tous les sujets en toute liberté

La Pharmacie du Village se veut aussi un lieu où les patients LGBT peuvent aborder leur vie sexuelle plus facilement qu’ils n’oseraient le faire ailleurs. "Nous avons un devoir pédagogique de prévention, notamment autour du chemsex, c’est-à-dire le sexe sous drogue, qui se développe sur Lyon. Nous avons tendance à essayer d’approfondir le dialogue sur la sexualité et les différentes pratiques", expliquent les deux associés.

L’officine n’en reste pas moins ouverte à l’ensemble de la clientèle, sans distinction, et rejette toute forme de concurrence. "Notre métier, c’est d’être pharmaciens avant tout. On reste une pharmacie de quartier et on reçoit tout le monde" insistent-ils.

L’ouverture d’officines LGBT-friendly ne remporte pas l’approbation de tous dans le milieu. "Nous avons des patients transsexuels qui viennent et ça ne pose pas de problème. Pour moi on n’a pas besoin d’avoir des pharmacies LGBT-friendly et je trouve cela stigmatisant" exprime une pharmacienne lyonnaise souhaitant rester anonyme. Plusieurs praticiens interrogés ont quant à eux confié ne pas avoir entendu parler de l’existence de pharmacies LGBT-friendly à Lyon.

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1 commentaire
  1. Causette - 14 janvier 2018

    Tout est dit dans cet article : 'Il y a une véritable nécessité pour des patients qui ont besoin d’une écoute différente et de l’empathie nécessaire, notamment ceux qui prennent la PrEp ou une trithérapie. On a eu des échos de mauvais traitements, c’est certain', confie un pharmacien. ' C'est dingue d'en être arrivé au point où on est obligé de préciser qu'on est à peu près aimable quand on est commerçant, non ? ....

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