Les fondamentalistes multiplient les incidents à Lyon 1

A Lyon, pour contrer cette montée en puissance, les enseignants organisent leur réponse intellectuelle et éducative.

La scène se passe en septembre, dans un amphithéâtre de l'Université Lyon 1. Alors qu'elle donne son cours de biologie de l'évolution à ses étudiants de Master 1, Dominique Pontier, chercheuse au CNRS, est interrompue par une femme. Cette dernière prend à parti l'enseignante en prônant des thèses créationnistes. L'épisode se répète quelques jours plus tard dans un autre cours. Incident isolé ? A en croire Hubert Pinon, le directeur de l'UFR de biologie de Lyon 1 : "ce n'était pas une situation inconnue". "Plusieurs enseignants m'ont relaté ce genre d'incidents en Licence." Dans l'enseignement secondaire, Georges Grousset, inspecteur d'académie constate une recrudescence du phénomène. "Il y a toujours eu des contestations sur l'enseignement de l'évolution. Ce n'est pas un mouvement global mais nous remarquons que de plus en plus de créationnistes cherchent à imposer leur avis dans les cours de biologie". Le créationnisme s'oppose à la théorie de l'évolution issue des travaux de Darwin. Le postulat premier de cette théorie étant que la Terre et la vie ont été créées par Dieu comme le décrit la Genèse. Exit donc Lucy, les homo-sapiens et autres fossiles ! Cette volonté de mettre sur le même plan science et croyance entraîne des difficultés dans l'enseignement de la biologie. L'an dernier, universités, collèges et lycées avaient été inondés par l'ouvrage créationniste "l'Atlas de la création" d'Harum Yahya. En réaction à ces incidents et à cette diffusion massive, le Comité de Déontologie de l'université Lyon 1 a organisé sa réponse "multi-forme et éducative". Hubert Pinon l'expose : "c'est de notre devoir de concourir à la diffusion du savoir scientifique et technologique dans l'ensemble de la société". Colloques, conférences, carnet scientifique sur l'évolution distribué dans les collèges et lycées... Les scientifiques ont sorti l'artillerie lourde pour contrer cette tendance difficile à gérer dans le secondaire. Georges Grousset l'explique : "C'est un sujet délicat, il ne s'agit pas de se mettre en réaction par rapport aux croyances de l'élève. Notre seul moyen, c'est d'apporter des explications scientifiques : à la croyance, on oppose la réalité observée"

Conférence-débat "Sciences et croyances", le vendredi 14 décembre à 12 h 15 dans le cadre des "Débats du campus...à la BU"

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