Catherine barba
Catherine Barba, cofondatrice d’Envi, l’école des indépendants

"Le travail indépendant, c'est l'avenir, c'est une véritable lame de fond"

4,3 millions de travailleurs indépendants ont été décomptés en France. Leur nombre ne cesse de progresser.

Selon sa dernière étude disponible, l'Urssaf recensait, fin 2022, 4,3 millions de comptes de travailleurs indépendants. Un chiffre en nette
progression (+ 5,9 % sur un an), bien qu’en ralentissement par
rapport aux fortes évolutions annuelles enregistrées entre 2018
et 2021 (de + 7,9 % à + 8,6 %). Cette croissance, note l'étude, reste largement
portée par celle des auto-entrepreneurs qui représentent 56,2 % de l’ensemble des indépendants en France.

Fort de ce constat, Catherine Barba, entrepreneuse dans une vingtaine de start-up de la tech, experte depuis plus de vingt ans sur le sujet de la transformation numérique et business angel dans "Qui veut être mon associé ?" sur M6, a cofondé Envi, une cole pour freelances et travailleurs indépendants, à travers des formations et du coaching uniquement en ligne pour se mettre à son compte ou faire décoller son business.

Et comme la transmission et le lien social se font plus forts de visu, Envi a lancé le Grand Prix des indépendants.

"Se frotter au réel"

Après une première édition réussie, Envi, l’école et la communauté des indépendants, organise le 2e Grand Prix des Indépendants annoncé comme le premier rendez-vous à mettre un coup de projecteur sur le travail indépendant et à partager les meilleurs conseils pour se mettre à son compte. L'idée : faire décoller son business et faire grandir son réseau.

Pour 2024, le Grand Prix des Indépendants démarre son tour de France par Lyon mardi 14 mai - avant de s'arrêter à Nice en juin, à Toulouse en octobre et à Paris en novembre.

"On parle beaucoup de start-up, de start-upers, mais en réalité, 97% du PIB est fait par des commerçants indépendants, des artisans, des freelances, et il y en a de plus en plus. C'est véritablement une lame de fond, explique Catherine Barba, "serial entrepreneur" comme elle se définit et confondatrice d'Envi. Je crois que c'est une nouvelle façon de considérer le travail qui a perdu sa centralité dans nos vies, par rapport à ce que nous avions connu il y a quelques années. Bien sûr, on a besoin de stabilité et de sécurité dans le travail, mais on aspire à plus d'autonomie, à plus d'équilibre et de sens. Et le fait de se mettre à son compte, surtout à échelle d'une personne, c'est beaucoup plus accessible qu'une grosse start-up, attire de plus en plus de monde."

Au programme du Grand Prix des indépendants : une table ronde avec trois indépendants à succès de la région focus clients qui partagent leurs secrets pour booster son business , un atelier "Je pitche mon banquier", pour progresser en prise de parole et du networking à profusion.

Quels conseils donneriez-vous à tous ceux qui veulent se lancer ?
Catherine Barba : "La base de tout, c'est la motivation. La vraie grosse différence entre salarié et indépendant, c'est qu'il faut aller chercher inlassablement, tous les mois, son chiffre d'affaires et son salaire. Après, il faut répondre au questions suivantes : " est-ce que j'ai identifié un besoin auquel mon offre répond adéquatement ? Est-ce que je suis la bonne personne pour y répondre ? Est-ce que j'ai trouvé mon modèle économique pour gagner de l'argent régulièrement ? La seule façon de faire, c'est d'aller au contact du terrain, rencontrer les gens, interviewer des futurs clients, envoyer des questionnaires. En fait, il faut se frotter au réel."

Grand Prix des Indépendants 2024
- Lundi 14 mai, dès 18h30

- H7, 70 quai Perrache, Lyon 2e
- Inscritpions ici


La retranscription intégrale de l'entretien avec Catherine Barba

Bonjour à tous et bienvenue dans ce nouveau rendez-vous de 6 minutes chrono. Nous accueillons aujourd'hui Catherine Barba. Bonjour.

Bonjour.

Catherine Barba vous êtes une entrepreneure, une investisseuse. Vous avez investi dans une vingtaine de start-up et vous avez travaillé pendant plus de 20 ans sur le sujet de la transformation numérique, en France et aux Etats-Unis. Vous êtes aussi administratrice du groupe Renault et de l'association d"'intérête général 100 000 entrepreneurs. Votre quatrième entreprise qui s'appelle Envi, est une école des indépendants et des freelance. Vous organisez en France, et notamment à Lyon le 14 mai, le Grand Prix des indépendants. Alors vous le présentez comme un événement qui anime qui fédère les indépendants à l'échelle locale. C'est en gros un coup de projecteur sur les indépendants. Pourquoi avoir travaillé sur les indépendants ?

C'est vrai, c'est une cible très importante en France. Il y a beaucoup beaucoup d'indépendants. On parle beaucoup des start-up, des start-upers, mais en réalité 97% du PIB est fait par des commerçants indépendants, des artisans des freelances, des consultants, il y en a de plus en plus. Donc c'est à la fois pour rendre hommage à cette tendance, qui est une lame de fond, et puis parce que nous, qui sommes une école pour les indépendants qui n'exist que digitalement, c'est une façon d'aller au contact des gens parce qu'il n'y a rien de meilleur.

Et là, votre école Envi, justement il y a combien de… Vous avez d' "étudiants" on va dire. Combien vous faites ?

On les appelle talents. Et ces talents sont des gens en deuxième partie de carrière - des étudiants d'un âge certain, jeunes depuis longtemps on va dire - on en a formé 200, accompagné 200 à créer avec succès leur entreprise en un an un peu plus d'un an. Puis on a fédéré une communauté de près de 1000 indépendants de toute la France et de tous les secteurs, dont beaucoup de Lyon.

Là les profils qui viennent vous dites que ce sont effectivement des personnes en seconde partie de carrière. C'est quoi les profils ? Est-ce qu'il y a un profil type ?

On a une particularité : on a 70 % de femmes dans notre…

Mais comment vous expliquez qu'il y ait plus de femmes qu'une fois ?

Pour moi qui aime en plus rééquilibrer les choses sur ce sujet je pense qu'on est trois cofondatrices et on n'attire jamais que les gens qui nous ressemblent. Donc ça peut-être ça a joué. Et puis donc ce sont des femmes ce sont des personnes qui ont travaillé 5, 10, 15 ou plus années en entreprise et qui sont appelées à travailler autrement, comme beaucoup d'entre nous au fond. Et donc ils veulent devenir consultants, coachs, freelancers en tout genre, voire créer leur commerce. Il y a une vraie aspiration, je crois à cela.

Parce que vous parliez de lame de fond sur le travail indépendant. Pour vous les indépendants les freelancers, c'est vraiment l'avenir de l'économie de demain ou pas ?

Moi je crois que c'est une vraie nouvelle façon de considérer le travail qui a perdu sa centralité dans nos vies, par rapport à ce que nous avions connu il y a quelques années. Il me semble qu'aujourd'hui de ce que je peux en observer, il y a une tendance qui est bien sûr, on a besoin de stabilité et de sécurité dans le travail mais on aspire à plus d'autonomie à plus d'équilibre et de sens. Et le fait de se mettre à son compte surtout à échelle d'une personne, c'est beaucoup plus accessible qu'une grosse start-up, eh bien ça attire de plus en plus de monde.

Justement vous parliez d'accessibilité, c'est une bonne transition parce qu'en fait, il y a quand même de manière générale, la plupart du temps, si on regarde un petit peu les sondages, les enquêtes, et puis même si on va faire interroger des gens qui voudraient monter leur propre entreprise, il y a quand même une certaine appréhension de dire "est-ce que moi je suis capable de monter mon entreprise" au-delà du côté administratif, la lourdeur administrative. Alors déjà est-ce que cette lourdeur administrative c'est une chose qui est encore vraie ? Et quel conseil vous donnez justement à tous ces gens qui viennent vous voir en disant je vais bien monter mon entreprise ?

Alors déjà, les gens qui viennent nous voir ont très envie. Je crois que c'est la base de tout, c'est la motivation. C'est comme quand vous voulez avoir un enfant, on a beau vous dire non, c'est compliqué... Si c'est quelque chose qui vous habite profondément vous allez le faire. Donc une motivation très forte. Après c'est vrai que la partie administrative honnêtement aujourd'hui ce n'est pas tellement ça la barrière. La vraie grosse différence entre salarié et indépendant c'est qu'il faut aller chercher inlassablement tous les mois son chiffre d'affaires et son salaire. Et c'est ça la grosse difficulté. Donc est-ce que j'ai identifié un besoin auquel mon offre répond adéquatement ? Est-ce que je suis la bonne personne pour y répondre ? Ça c'est la première chose qu'on voit avec nos talents. Est-ce que j'ai trouvé mon modèle économique pour gagner de l'argent régulièrement ? Et ensuite et c'est à ça que sert Envi, on est une école pour aider les gens à se vendre.

Comment est-ce qu'on sait que notre cible est la bonne, que notre idée est la bonne ?

La seule façon de faire, c'est de ne pas faire une entreprise en chambre. Il faut aller au contact du terrain de façon un peu théorique. Il faut aller rencontrer les gens, interviewer des futurs clients, envoyer des questionnaires. En fait, il faut se frotter au réel pour vraiment se dire "j'ai identifié un besoin". Est-ce que ce besoin est vraiment partagé par beaucoup de monde ? Est-ce que les gens sont prêts à payer pour ce que je vends ? Et puis surtout est-ce que est-ce que dans les priorités de dépense de ce client qu'il soit entreprise ou particulier est-ce que je suis dans les top priorités ? Parce que sinon le cycle de vente risque d'être très très long.

C'était ma question suivante justement : comment on transforme son idée sa bonne idée en un business qui est rentable parce que c'est ça l'intérêt ?

C'est ça. En fait l'idée n'a pas vraiment d'importance, je dirais. C'est "est-ce que j'ai bien identifié un besoin" et j"'ai bien compris que ce que mon offre, ce que je sais bien faire, mon expertise, celle que j'ai travaillé toutes ces années, elle y répond mieux que les autres". Et ça c'est la base. Ça c'est la base d'une entreprise qui marche. Après est-ce que je vais réussir à aller chercher les clients à les convaincre ? Parce que c'est ça le plus difficile c'est de vendre. Et ça ça s'apprend.

L'émission touche à sa fin déjà. Je le répète ce Grand Prix des indépendants sera à Lyon le 14 mai. Merci Catherine Barba d'être venu sur le plateau de 6 minutes chrono. À très bientôt. Au revoir.

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