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Le TGV Lyon-Turin bientôt sur les rails

Mardi, Matteo Renzi et François Hollande vont se réunir à Venise pour finaliser les dernières étapes du projet de ligne à grande vitesse (LGV) entre Lyon et Turin. Ce projet combinant le fret et le trafic de voyageurs reste controversé par des militants écologistes. Coût final estimé : 8,5Md d'euros.

François Hollande et quelques ministres dont Ségolène Royale la ministre de l'Environnement et Michel Sapin, le ministre des Finances vont se rendre à Venise mardi pour rencontrer le Premier ministre italien Matteo Renzi. Au programme de la rencontre, la levée des obstacles du projet de LGV qui date de 2001.

Lyon et Turin à 2 heures en 2028

En 2028 ou 2029, Lyon ne sera plus qu'à 2h de la capitale du Piémont. Cette nouvelle ligne de 140km entre Lyon et Chambéry devrait combiner le fret et le transport de voyageurs. 86km de la ligne seront souterrains avec la construction d'un tunnel transalpin de 57km entre Saint-Jean-de-Maurienne et Suse dans le Piémont. Cet ouvrage souterrain sera plus long que le tunnel sous la Manche. Pour les écologistes, le creusement dans les massifs alpins va contribuer à libérer des particules d'amiante et d'uranium dans l'environnement.

Partager les coûts de construction

Le projet estimé à 8,4Md d'euros sera financé à 40 % par l'Union européenne. Les 60 % restants seront partagés à hauteur de 42,1 % pour la France et 57,9 % pour l'Italie. Côté financement, l'État français prévoit d'instaurer une "Eurovignette alpine". Ce surpéage autoroutier pour les poids lourds devrait permettre de financer la moitié du coût total. L'autre moitié sera financé par des prêts à long terme de la Caisse des Dépôts et de la Banque européenne d'Investissement. Les parlements italiens et français doivent encore ratifier l'accord signé à l'Élysée le 24 février 2015. Cet accord confirmait l'engagement des deux États dans la réalisation du projet, et le début des travaux pour 2016. L'accord de Venise devrait donner le feu vert au démarrage des travaux franco-italiens.

Les "No TAV" disent non au TGV

Mardi, une manifestation des opposants au projet devrait avoir lieu à Venise. Depuis 20 ans, ce groupe d'opposants né au cœur de la vallée de Suse s'engage contre un projet perçu comme une "aberration écologique". Le mouvement qui compte de nombreux comités à Chambéry, Lyon et même à Paris, milite contre les travaux et organise des blocages ou des marches transalpines contre le projet. Dans la vallée qui doit recueillir la fin du tunnel de 57km, les "Tavistes" ont organisé une zone à défendre. Ils dénoncent un projet au coût exorbitant qui contribuerait à augmenter la pollution dans les Alpes, spécialement lors de la phase de construction. Les opposants au projet exigent des investissements dans des services locaux comme les hôpitaux et les écoles plutôt que dans ce projet gigantesque.

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2 commentaires
  1. acac - 8 mars 2016

    Dans moins de 90 jours, les Suisses inaugureront le tunnel de base du Gothard pour diminuer de moitié leur trafic poids-lourds et préserver leurs vallées. Ce tunnel est plus long que celui du Lyon-Turin, et est construit sans l'aide de l'Europe. Ou sont les vrais écolos ?

  2. phase3 - 8 mars 2016

    Les écologistes sont juste face à la Nature et à l'Histoire ... ... et dans la Bienveillance aussi. Celle pour les générations futures: La Maurienne sans eau va être terrible pour nos petits (la poussière des travaux aussi). Les touristes, eux, continueront à boire le vin acide et inoxydable de la coopérative de Cruet, ou de l'eau en plastique ... ... et puis, peu à peu, il y aura de moins en moins de neige, de moins en moins de touristes et plus de train pour la Haute et Moyenne-Maurienne (Bassens, Val-Cenis, La Norma, Val Fréjus, Orelle, Valloire ...) car à cause de la LGV, tout s'arrêtera à Chambéry, Saint-Jean de Maurienne, au mieux. Alors, la Maurienne creva dans la plus grande des indifférences.

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