Le gros business des terrasses

La terrasse, une excellente affaire pour les restaurateurs. Selon le Synhorcat*, c’est en moyenne 30 % du chiffre d’affaires en plus. Du coup, les demandes explosent. Entre 2001 et 2008, le nombre de terrasses a été multiplié par deux à Lyon intra-muros. Cette année, on en compte
2 500, 210 de plus qu’en 2009.

Mais une fois l’autorisation accordée par les services de la mairie - qui ne refuse que très rarement, dans une démarche d’animation de la ville et d’encouragement de l’activité commerciale (crise économique, loi antitabac) -, tous les établissements ne sont pas logés à la même enseigne. Les tarifs fluctuent ainsi de 24 à 123 euros le m2, selon le quartier et le type de terrasse (ouverte ou fermée, sur trottoir, sur place de stationnement ou sur voie piétonne). Ainsi, la terrasse de La Marquise (sur les berges du Rhône) coûte plus de 52 000 euros à son propriétaire, Juan Matsuoka : 14 000 pour la redevance municipale et 38 600 pour l’aménagement. Sans compter le salaire des trois personnes embauchées en extérieur...

Un secteur très juteux
En matière de qualité esthétique des terrasses, le cahier des charges de la Ville laisse une totale liberté aux restaurateurs, seuls “les mobiliers utilisés (devant) être constitués de matières sobres”. Résultat : chacun choisit ce qu’il veut. Pour Léon de Lyon, rue Pléney, dans le 1er arrondissement, Jean-Paul Lacombe a choisi un matériel de grand standing, les 70 chaises lui revenant entre 150 et 200 euros pièce. Un gros investissement donc. Il suffit de feuilleter les catalogues des fabricants de mobilier de terrasse pour jauger de la rentabilité du marché : le parasol en toile 3x3m avec châssis aluminium à 203 euros ou le canapé 3 places à 1 060 euros chez Go In France, la paroi latérale avec fenêtre transparente pour fermer la terrasse à plus de 1 300 euros...

Pour assurer un maximum de bénéfices, certains restaurateurs n’hésitent pas à contourner la réglementation, par exemple, en affichant de la publicité (échange avec un brasseur), malgré les amendes qui peuvent atteindre jusqu’à 750 euros. En 2009, les recettes pour la Ville de Lyon ont frôlé la barre des 2 millions d’euros (+10 %).

* Syndicat des hôteliers, restaurateurs, cafetiers et traiteurs.

Repères

À qui profitent les terrasses ?
> 84 % bars et restaurants
> 10 % restauration rapide
> 6 % autres (boulangeries, salons de thé)

Tarifs
> 24 à 44 euros/m2 (stationnement)
> 49 à 90 euros/m2 (trottoir)
> 55 à 123 euros/m2 (voie piétonne)
> 61 à 111 euros/m2 (terrasse fermée)

Nombre
> 2 500 dont 577 sur des places de stationnement

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