La Poste rit jaune

Las de ne pas se faire entendre, le Comité national contre la privatisation de La Poste a mis en place une nouvelle initiative relayée localement par le collectif Appel 69 La Poste  : une consultation nationale non officielle ouverte à l'ensemble des employés et usagers du service public - y compris ceux qui sont exclus du vote démocratique (mineurs, étrangers) - à partir du mardi 22 septembre jusqu'au samedi 3 octobre 2009.

La question à laquelle tous pourront répondre : " Le gouvernement veut changer le statut de La Poste pour la privatiser, êtes-vous d'accord avec ce projet ? ". Pour ce faire, près d'une vingtaine de mairies du département se sont engagées à fournir un emplacement et du matériel.

Concernant les autres points d'accès au vote, le collectif en appelle à " toutes les bonnes volontés " car des bureaux seront mis en place devant les Postes, dans les marchés, et autres lieux publics. Les résultats de la consultation au niveau départemental devraient être connus le dimanche 4 octobre. Mais, conscients de la difficulté à faire déplacer les gens - d'autant plus pour un vote à caractère non officiel -, les représentants du comité local estiment que " chaque bulletin de vote sera un succès " et précisent qu'il " s'agit surtout d'un acte symbolique face au manque de débat public ".

Un projet de loi sur fond de crise de la profession

Ce qui rend les représentants de la profession amers aujourd'hui, c'est l'évocation des problèmes qui touchent directement les salariés de La Poste. Pour Sylvain Leroux, postier et représentant de la CGT du Rhône, " la logique de rentabilité est entrée par la porte en juillet dernier ". Et ce dernier avoue avoir du mal à cohabiter avec celle-ci. Il raconte que ses collègues subissent de plus en plus de " pressions " et supportent un manque de reconnaissance. Des tentatives de suicides ont même été déplorées dans l'entreprise publique. " On va bientôt arriver au niveau de France Télécom si on continue sur cette pente libérale " ajoute-t-il.

Cette fois-ci les postiers ont décidé d'arrêter de " subir " : ils dénoncent les contradictions de la profession et les abus qu'ils rencontrent. Selon Sylvain Leroux, les dirigeants de la Poste mettent en avant " l'argument choc de la crise ". Le postier avoue rire jaune devant cet argument car aucun des chiffres annoncés ne peuvent être vérifiés.Il remarque aussi avec amertume que le terme " client " a remplacé celui d'" usager ".

Il note enfin que de nombreux bureaux de postes bénéficient de rénovations à des coûts élevés et que le dernier logo de l'enseigne " pèse une petite fortune " ! Alors que par ailleurs : " Des milliers de postières sont les premières concernées par le temps partiel imposé ".

Yann Benhayoun, secrétaire fédéral aux services publics, réfute l'argument principal de sa direction : " On nous fait le coup de l'Europe, c'est très facile ! ". Il rappelle que l'Europe impose la mise en concurrence du service postal mais n'oblige pas les Etats à privatiser leurs services publics.

En attendant les résultats de la consultation, les postiers restent sur leurs gardes. En effet, d'après les syndicats, entre 30 et 40 suppressions de postes sont prévues dans le Rhône d'ici le 22 octobre prochain.

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