La métropole de Lyon va-t-elle donner 600 000 euros à BFM Lyon ?

La chaîne de télévision lyonnaise TLM a été rachetée par le groupe Altice fin 2018 (SFR, RMC, BFM...) et devrait devenir BFM Lyon dès cet été. La métropole va-t-elle verser 600 000 euros à la chaîne comme le révèle InterMédia.

Vendredi 3 mai, InterMédia révélait que le Grand Lyon serait prêt à vers 600 000 euros à BFM Lyon pour que la chaîne ajoute le terme "métropole" à son nom. Le montant serait réparti sur trois ans, et le groupe Altice qui a racheté la télévision lyonnaise TLM pour en faire BFM Lyon espérait qu'il puisse atteindre jusqu'à 750 000 euros. La métropole aurait fait le constat d'un manque de visibilité sur son nom et souhaitait ainsi apparaître dans le nom de la chaîne. La collectivité soutenait TLM à travers l'achat d'espace publicitaire de l'ordre de 80 000 à 120 000 euros par an (moins de 80 000 euros en 2018). Or, le chiffre avancé par InterMédia serait proche d'un doublement de ce même budget publicitaire pour voir "métropole" mentionné, alors que la chaîne rachetée comportait déjà le terme depuis sa fondation en 1988 (TLM pour Télé Lyon Métropole). Ces achats d'espaces publicitaires sur BFM Lyon ne feraient pas fait l'objet d'une délibération ou d'une convention. Les discussions en cours entre la collectivité et BFM devraient aboutir en juin. Néanmoins, à moins d'un an des élections, les risques politiques et médiatiques sont grands pour David Kimelfeld.

Le président de la métropole temporise

Dans un contexte aujourd'hui marqué par une crise sociale majeure, payer 600 000 euros pour voir apparaître le nom "métropole" apporterait effectivement une visibilité... négative. S'ajoute à cela le risque pour David Kimelfeld de se mettre plusieurs médias à dos, certains craignant de voir des budgets publicitaires partir vers le groupe parisien Altice, au détriment des acteurs locaux (depuis juin 2009, Lyon Capitale refuse les pages de publicités venant des collectivités locales, sans distinction de partis politiques et n'est donc pas concerné par ce cas de figure). Par ailleurs, BFM Lyon fait l'objet d'un recours devant le CSA porté par Christophe Mahé du groupe Radio Espace. Ce dernier reproche à l'instance de ne pas avoir réalisé une étude d'impact sur le marché publicitaire et sur les changements que pourrait engendrer l'arrivée de la chaîne.

Interrogé par Lyon Capitale sur ces 600 000 euros avancés par nos confrères, David Kimelfeld temporise : "Les chiffres annoncés sont ceux qu'ils veulent, mais ils seront traités à minima comme avec TLM, c'est à dire entre 80 et 120 000 euros par an. C'est pour cela que j'ai demandé à ce qu'on ne passe pas via une convention, on se laisse le temps de regarder les choses, d'évaluer la situation, l'impact et les évolutions. Il n'y a rien d'engagé". Le président de la métropole poursuit : "Je suis en fin de mandat, je ne sais pas si je serai encore président de la métropole dans un an, je ne vais pas nous engager sur trois ans". Enfin, l’expérience en matière de naming (parrainage) publicitaire prouve que les noms n'entrent pas dans l'usage courant, à l'image du Parc OL (Groupama Stadium) ou du Stade de Gerland (Matmut Stadium). La métropole pourrait payer les sommes qu'elle souhaite pour voir son nom affiché, il est fort probable que BFM Lyon reste dans les esprits... BFM Lyon.

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2 commentaires
  1. Abolition_de_la_monnaie - 6 mai 2019

    On parle plus de fric, une fois de plus, que de ce qu'il y aura dans la grille de cette chaîne...
    L'un dépendrait-il de l'autre ? :o)

  2. Galapiat - 7 mai 2019

    l’impôt des lyonnais et voisins n'a pas à alimenter une chaine TV privée, dont on sait l'attachement avec REM ou d'autres d'ailleurs

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