cour des comptes

La Cour des comptes épingle les antivax et la sécurité privée

Sécurité, santé, loisirs et gestion locale, les "sages" ont rendu leur verdict annuel sur l'état des finances publiques dans un document lourd de 1300 pages. Gestion des budgets des collectivités locales, des hôpitaux, mais aussi des stations de ski et des forces de sécurité, la Cour passe au crible les dysfonctionnements des politiques publiques et de leurs applications.

Comme chaque année, la Cour des comptes rend son rapport sur les finances publiques, et revient sur les recommandations suivies, ou non, des précédents exercices. Au niveau national, la Cour reconnaît des efforts en matière de maintien du déficit public, mais exhorte l'exécutif à "ne rien lâcher". Elle prévoit d'ailleurs que ce dernier puisse passer dans les prochains mois sous la barre des 3 % de PIB, se pliant ainsi aux critères de convergence européens qui depuis 2008 n'ont jamais été atteints.

La sécurité privée "peu fiable" et laxiste sur l'embauche

Cette année, la Cour des comptes a dans le collimateur les entreprises de sécurité privée. Les pouvoirs publics ont eu largement recours à ces sociétés depuis l'État d'urgence, si bien qu'aujourd'hui elles représentent près de la moitié de l'effectif hexagonal en matière de sécurité. Problème, leurs prérogatives ne seraient pas clairement définies. La Cour pointe également le manque de vigilance à l'embauche de certains de ces groupes, puisqu'ils engagent parfois des individus ayant des antécédents judiciaires incompatibles avec l'exercice de leur fonction. Finalement, le rapport dénonce un secteur "peu fiable, marqué par une qualité de service aléatoire".

La Cour contre les "antivax"

Au niveau médical, la Cour prend position contre les antivaccins. Critiquant notamment les informations relayées sur les réseaux sociaux, qui participent à l'installation d'un "climat anxiogène sur la vaccination […] dû aux rumeurs et polémiques amplifiées par les médias sociaux et souvent accompagnées d’un discours complotiste". Elle incite donc l'exécutif à engager de fortes campagnes de communication, et à continuer de faire de la politique vaccinale un enjeu de santé publique. Elle considère notamment les mesures actuelles comme allant dans le bon sens, mais insuffisantes. Dans la même veine médicale, la Cour s'inquiète des déficits des hôpitaux, et notamment ceux de la région Auvergne-Rhône-Alpes, où une cinquantaine d'établissements sont dans une situation délicate. La région est l'une des plus touchées de France : 15 % des établissements déficitaires hexagonaux y sont implantés.

Emprunts toxiques des collectivités : bientôt la tête hors de l'eau

À l'échelle locale, la Cour se veut rassurante sur les emprunts toxiques contractés par certaines collectivités locales. La métropole de Lyon avait en 2016 "liquidé" ces emprunts, en signant avec le département un chèque de 425 millions d'euros. Les fonds mis en place un peu partout en France pour faire face à une envolée incontrôlable des taux auraient permis, selon le rapport, de "tirer d'affaire la plupart des collectivités" même si le problème n'est pas partout réglé. "Les taux toxiques sont désormais devenus fixes", explique la présidente de la CRC, sous-entendu que des emprunts restent à solder.

Domaines skiables dans les Alpes : les stations doivent se réinventer

Les activités de loisirs n'échappent pas non plus à la vigilance des "sages". Leur rapport consacre de longues lignes à la situation des stations de ski des Alpes du Nord. Ces dernières doivent faire face au réchauffement climatique, et à une concurrence exacerbée dans le secteur. Conséquence, la Cour prévoit que de nombreuses stations vont se retrouver en situation financière délicate, notamment celles des plus petites communes. Elle enjoint les stations concernées à se regrouper en intercommunalités, pour faire face aux défis à venir. Les recommandations précédentes n'ayant pas été très suivies, la Cour critique un certain "immobilisme des communes", même si elle concède que les efforts, long et laborieux, prendront du temps pour porter leurs fruits.

à lire également
Autoroute
Le chassé-croisé des vacances scolaires se poursuit dans la région Auvergne-Rhône-Alpes. Bison futé annonce un trafic difficile ce samedi 3 mars, dans le sens des départs comme des retours.
d'heure en heure
d'heure en heure

derniers commentaires

réseaux sociaux
Faire défiler vers le haut