La colère monte chez les salariés d'Ikéa

Jeudi, l'intersyndicale à l'origine du conflit social chez Ikéa a refusé de signer l'accord proposé par la direction du groupe. Aujourd'hui, c'est la colère et le dégoût qui dominent chez les salariés. La grève risque de se poursuivre ces prochains jours sans toutefois remettre en cause l'ouverture du magasin de Saint-Priest.

Depuis début février, les salariés d'Ikéa sont en conflit avec leur direction sur la question des salaires. L'arrivée des Négociations Annuelles Obligatoires (NAO) a permis à une intersyndicale (CGT-FO-CFDT) d'ouvrir le débat sur une augmentation salariale. En effet, le groupe Ikéa France a fait des bénéfices importants ces deux dernières années (+ 6 % d'augmentation du chiffre d'affaire en 2009). Avec son modèle suédois qui joue sur les économies de tous types (économie de temps, de place, d'argent), Ikéa ne souhaite pas prendre de risques en période de crise : ils n'ont proposé qu'une augmentation salariale de 1 % pour les employés et 2 % pour les cadres en 2010.

Insatisfaisant selon les syndicats. Jeudi, ils ont refusé de signer quoi que ce soit avec leur direction, ni accord, ni désaccord. "C'est juste du mépris. Toutes les propositions de négociation ne sont pas sérieuses," justifie Dominique Nikonoff (FO), "ils font la sourde oreille à nos réclamations. Ikéa se moque du monde. Rien ne compte, c'est la loi de l'argent qui prime". L'intersyndicale avait demandé 4 % d'augmentation salariale, puis finalement, 2 % d'augmentation collective. Ils refusent de négocier à la baisse. De leur côté, la CFE-CGC et la CFTC, syndicats minoritaires, ont accepté la proposition de la direction.

Ce matin, quatre délégués syndicaux étaient devant les portes du magasin Ikéa de Franconville dans le Val d'Oise (95), bloqués par des vigiles. " C'est une entrave à la liberté de circulation. Ils veulent nous intimider mais en réalité, ils sont dépassés par les événements ", s'indigne Dominique Nikonoff, salarié du magasin, joint par téléphone. "Ce n'est pas fini, nous allons envisager des actions très rapidement". A Saint-Priest, dans le Rhône, rien ne bouge encore mais le conflit entre la direction et les syndicats devrait mobiliser dans les prochains jours.

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