Des cailles entassées dans des cages de Dôme Cailles @L214

L214 s'attaque à un élevage de cailles dans la Drôme

A l'occasion de Goût de France (ex Fête de la gastronomie), l'association lyonnaise L214 met en ligne une vidéo choc d'un élevage de cailles dans la Drôme. De quoi faire réfléchir avant de manger des oeufs de caille.

Un long couloir, éclairé de quelques ampoules nues. Le sol, en béton gris, est net. De chaque côté, bien alignées, quatre étages de cages, surchargées de cailles qui cacabent dans un brouhaha sensationnel. La caméra zoome. Une caille semble endormie à côté d'oeufs. Son bec repose sur un montant en fer de sa prison. Une deuxième caille, elle, est étendue de tout son long sur le plancher grillagé, rebondissant au rythme de ses congénères qui sautillent à côté.

On est dans l'élevage de l'entreprise Drôme Cailles, à Montoison, entre Valence et Crest. C'est l'association lyonnaise L214 qui a tourné les images, en décembre 2018. Elles sont rendues publiques ce jeudi 21 mars, le jour même où est lancé, en grandes pompes par le ministère de l'Economie, l'opération Goût de France (ex Fête de la gastronomie) : "pour valoriser le patrimoine culinaire français et l’ensemble des acteurs de la gastronomie, de la fourche à la fourchette !"

Lire aussi l'enquête de Lyon Capitale : L214 : les Lyonnais qui font trembler la filière viande.

L'entreprise qui a implanté la caille en France

L'investigation menée en décembre dernier par L214 dans un élevage Drôme Cailles atteste de l'horreur que vivent les cailles élevées pour leurs œufs : entassées dans de petites cages à 80 par m², elles deviennent agressives, perdent leurs plumes et souffrent de différentes maladies, allant de l'infection jusqu'à la tumeur. Drôme Cailles, créé en 1970, a été l'entreprise qui a implanté la caille en France et en Europe, jusqu'à en être le leader dans les années 80-90. La PME a ensuite connu des difficultés. Liquidée en 2012, elle a ensuite été reprise par deux jeunes couples. Dans une vidéo de la CCI Val de Drôme tournée en 2013, un des dirigeants explique vouloir faire "un produit régional de qualité que nous pouvons donner à manger à nos enfants sans aucun problème.... quand on voit ce qui se passe à l'heure actuelle dans l'industrie agroalimentaire."

Une carte postale par caille

L214 précise que ces cailles ne disposent pas de l'équivalent d'une carte postale pour vivre, sont exposées à un éclairage artificiel durant des heures pour maximiser leur production : ainsi chaque caille peut produire jusqu'à 300 oeufs par an contre 7 à 14 pour une caille sauvage - soit entre 20 et 40 fois plus.

Plus loin, dans la vidéo de deux minutes, on peut voir des cailles qui se battent à coups de becs, n'ont plus de plumes. Certaines arborent des tumeurs sur la tête, sur le corps, d'autres des dermatites (brûlures de la peau causées par le sol souillé).

Pour Sébastien Arsac, cofondateur de l'association L214 : "la place des oiseaux n'est pas en cage. Les Français le savent. C'est pourtant la triste réalité des cailles élevées pour leurs œufs. Nous pouvons agir à un niveau individuel pour mettre fin à ce cauchemar. Demandons aussi aux supermarchés de renoncer aux œufs issus de cailles élevées en cage."

Aucune réglementation en France

En France, toutes les cailles pondeuses sont élevées en cage. Il n'existe, à ce jour, aucune réglementation spécifique encadrant leurs conditions d'élevage. Un seul article (L214.1) du Code Rural, dispose que "tout animal [...] doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce ».

En ce jour de lancement de Goût de France (ex Fête de la gastronomie) par le gouvernement, il serait de bon aloi de revoir les pratiques d'élevage des cailles pondeuses en France. Alain Ducasse, initiateur de cette opération internationale désormais sous l'égide du gouvernement, ne démentira pas.

Encore moins le ministre de l'agriculture, Didier Guillaume, originaire de Bourg-de-Péage, à quelques oeufs de caille de Montoison.

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