Jean-Luc Fugit
© Tim Douet

Jean-Luc Fugit (LREM) : “Au second tour, il faut essayer de convaincre tout le monde”

Jean-Luc Fugit, député LREM du sud du Rhône, évoque la campagne d’entre deux tours d’Emmanuel Macron et ses potentiels réserves de voix.

Nos sondages montrent que le président sortant pourrait manquer de réserve de voix en vue du second tour du dimanche 24 avril. Quels électeurs de premier tour visez-vous en priorité ?

Nos réserves de voix sont sur l’ensemble des citoyens qui se sont abstenus ou qui ont voté pour d’autres candidats qu’Emmanuel Macron au premier tour. Dans une campagne de second tour, il faut essayer de convaincre tout le monde. C’est pour cette raison que je discute avec les électeurs de tout le monde. Mais du moment où Jean-Luc Mélenchon, le candidat qui est arrivé en troisième position, n’est pas qualifié, ses électeurs devront choisir entre l’abstention ou le vote pour l’un des deux candidats encore en lice. Je ne les vois pas s’exprimer en faveur de l’extrême droite. J’espère que nous trouverons des points de convergence avec eux.

Pour les inciter à se rapprocher de vous, quels signaux comptez-vous leur adresser ?

Le premier geste, c’est celui que je fais depuis mardi en allant à leur rencontre sur le terrain pour les écouter. Au-delà de l’ouverture du programme ou de la main tendue par notre candidat, il faut déjà aller à leur contact et leur expliquer notre projet et notamment nos grandes mesures comme la réforme des retraites, celle du RSA ou nos plans solidarités et environnement. À travers ces discussions, nous pouvons convaincre.

À la différence de 2017, le nombre d’électeurs qui renvoient dos à dos Marine Le Pen et Emmanuel Macron semble plus important. Comment l’expliquez-vous ?

Un certain nombre de nos concitoyens ne se retrouvent pas dans ce qu’on propose et je peux comprendre les personnes qui hésitent ou rejettent Emmanuel Macron. Tous les gens qui ont voté pour Jean-Luc Mélenchon ne sont pas des mélenchonistes. Ils veulent être écouté sur environnement et le social. Il y a aussi des citoyens déçus, en colère ou en souffrance et qui sont tentés par un vote radical, mais je les invite à considérer la capacité des deux projets à répondre à leurs questions. Ils ont de quoi se retrouver chez nous sur projet plus central.

Marine Le Pen est créditée de 46,5% d’intentions de vote selon notre sondage Ifop-Fiducial. Pour quelles raisons le match est-il plus serré qu’en 2017 ?

Marine Le Pen a lissé sa personnalité et son projet en cinq ans. Mais elle a toujours une vision autoritaire et on l’a encore vu cette semaine. Pendant cinq ans, nous avons traversé des crises fortes et Marine Le Pen promet presque tout. Le chiffrage de son projet a quelques problèmes. Elle fait des promesses qui peuvent attirer de prime abord, mais elles conduiraient à une crise économique et au retour du chômage. Les crises ont aussi nourri une défiance qui se traduit par un renforcement du vote contestataire. Chez Marine Le Pen, il y a un vote de colère. Je ne crois pas que tous ses électeurs partagent ses idées. Elle porte un projet dangereux vis-à-vis de l’Union européenne ou de l’écologie.

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