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"J'en veux à Michel Mercier pour ses mensonges et son absence de transparence"

Thierry Philip, président du groupe socialiste au département du Rhône, a rendu public un rapport sur les prêts toxiques de sa collectivité. Le Rhône serait l'un des départements les plus touchés de l'hexagone. D'après les socialistes : 400 millions de surcoût seraient à prévoir dans les années à venir. Un chiffre révélé par Lyon Capitale lundi. De son côté, la majorité présente un bilan plus positif.

"J'en veux à Michel Mercier pour ses mensonges et son absence de transparence", a assuré Thierry Philip, lors de la publication, ce mardi, de son rapport sur la dette toxique du conseil général du Rhône. "Je ne lui en veux pas sur le fond, mais je pourrais lui en vouloir beaucoup plus dans le futur s'il n'acceptait pas de travailler en toute transparence avec nous. Car, dans cette histoire, c'est un peu 'Après moi, le déluge".

Muni de ses tableaux de taux de change et de ses courbes de variabilité, Thierry Philip, maire du 3e arrondissement de Lyon et conseiller général socialiste, lance une bombe au sein de l'établissement si feutré. "Il faudra débourser près de 400 millions d'euros afin de sortir de ces contrats toxiques, d'après les estimations faites par un spécialiste en finances publiques", ajoute-t-il. Sept prêts sont considérés comme "très toxiques" par la charte Gissler (classés 6F, soit la classification la plus mauvaise) pour un montant de 431 millions d'euros, soit 57 % de la dette. L'un des plus "dangereux" a été contracté pour un montant de 96 millions d'euros en décembre 2010, soit deux ans après la crise des subprimes. Indexés sur des écarts de taux de change "exotiques" , c'est-à-dire entre le franc suisse, le dollar ou le yen, les taux d'intérêts, entrent dans une phase de volatilité depuis novembre 2011. Et ce, jusqu'en 2030. Les scénarios, étudiés par Emmanuel Fruchard, un expert en finances publiques, élu PS à Saint-Germain-en-Laye, prévoient 45 % de taux d'intérêts, dans le cas le plus critique.

"Je ne souhaite pas que Michel Mercier cache plus longtemps ce problème sous le tapis", ajoute Thierry Philip en faisant référence aux interventions du Garde des Sceaux. A la tête du conseil général depuis février 1990, la responsabilité de Michel Mercier est posée en filigrane. Il a pourtant fait savoir, dans un communiqué publié lundi 28 novembre, que la gestion du département était "saine". "Au moment de la réalisation du tronçon nord du périphérique 5TEO), le conseil d'Etat a annulé la concession. Le Département a dû trouver, 1,2 milliard de francs en quatre jours. Dexia était le seul banquier qui a accepté de prêter cette somme. Le département a continué de travailler avec cette banque", a-t-il détaillé. Mais, pour le moment, Michel Mercier n'a jamais évoqué le problème des prêts toxiques avec plus de précision. Dans nos colonnes, Max Vincent, élu UMP et rapporteur du budget au conseil général, avait essayé de dédramatiser : "Les surcoûts seront inférieurs à 30 millions d'euros. Mais nous n'en sommes pas sûrs car les calculs sont compliqués". Quant à Michel Forissier, 1er vice-président du conseil général, interrogé sur Lyon Capitale TV le 9 novembre dernier, il avait évoqué un surcoût de 100 millions d'euros qui "dépendait des paramètres". Ainsi, la majorité semble avoir du mal à s'entendre sur des chiffres concordants.

D'ores et déjà, le président aurait obtenu de Dexia la fixation de deux contrats à un taux de 5 % pour 2011 et 2012. Mais qu'en sera t-il pour les vingt années à venir ? D'après Michel Mercier, une convention avec cette banque, sur la sortie des prêts structurés, sera proposée à l'assemblée départementale le 19 décembre. Les surcoûts "officiels" probablement annoncés à cette date, seront attendus avec impatience. Pour l'opposition, l'annonce de cet ordre du jour confirme ainsi le caractère "toxique" des prêts."Sinon pourquoi vouloir renégocier et s'en défaire ?", s'interrogent les membres du groupe socialiste.

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