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Interdit, un journal d'extrême droite est resté à la vente à la Part-Dieu

L'Express révèle que le "National radical", bien qu'interdit de paraître sur décision de justice depuis le 12 juillet, a continué à être vendu cet été au Relais H de la Part-Dieu. "Une présence malencontreuse", invoque l'enseigne qui a depuis retiré le titre de ses rayons. La publication émane d'un groupuscule dont le fondateur a été viré du FN.

Mi-août, le journaliste de l'Express Renaud Revel pointait la vente dans un Relais H de la gare de la Part-Dieu du "National radical", journal édité par le groupuscule d'extrême droite "Le Parti National Radical" (PNR). Cette publication avait été interdite par une décision du tribunal de Paris le 12 juillet 2010, après la parution de 16 numéros.

280 exemplaires vendus en un mois et demi dans les Relais H

Le groupe Presstalis (ex-NMPP), qui distribue la presse et veille à sa commercialisation, parle d'une présence en kiosque "malencontreuse". Maurice Portes, directeur chez Relay, duquel dépend Relais H, avait alors promis que cela ne se reproduirait pas. Si le journal est toujours présent à la vente (quoique indiquant l'épuisement des stocks) sur le site journaux.fr, il a bien été retiré des rayons des deux Relais H de la Part-Dieu. "Nous les recevons, mais nous ne les mettons pas en vente", affirme une vendeuse que nous avons rencontrée.

Frédéric Renault, directeur de la communication de Relay, explique qu'il n'a "eu connaissance que d'un seul cas sur nos 800 points de vente. Le titre a été retiré à l'issue du week-end suivant la décision de justice que nous a transmise Presstalis. Malheureusement, un est resté en vente sur les rayons." Selon les chiffres fournis par Relay, environ 280 exemplaires de ce numéro 16 ont été vendus depuis début juin jusqu'à mi-juillet dans l'ensemble des points de vente du groupe, ce qui représente un dixième des stocks envoyés par le PNR.

"L'un des groupes les plus radicaux en paroles"

Le numéro de juin-juillet-août titrait sur "Les Juifs qui dominent la France". Sur six des seize pages étaient ainsi énumérées un certain nombre de personnalités considérées comme juives. Saisi en référé par l'Union des étudiants juifs de France et "J'accuse ! Action internationale pour la justice", le Tribunal de grande instance de Paris a ordonné la suppression des rayons du dernier numéro du National Radical à partir du 15 juillet, 18h. Cette décision ne s'appliquant qu'au dernier National radical sorti, le n°17 en date de septembre-octobre-novembre sera distribué normalement dans les différents kiosques à journaux, à moins que le Tribunal de Grande Instance n'ordonne une nouvelle interdiction.

Après avoir parlé d'une "attaque en règle contre la liberté de la presse et (les) libertés fondamentales" orchestrée par "des ennemis de la France" et "les forces sataniques qui nous gouvernent", le groupe a réagi à cette décision en comparant l'ambiance de l'audience à celle du procès de Nuremberg, où il s'en est fallu de peu pour que "le président du Parti National Radical (ne soit traité) d'affreux criminel de guerre".

Fondé par Maurice Martinet, ancien policier et ancien conseiller municipal de Chambéry, en janvier 2001, le PNR est un groupuscule très minoritaire, selon Jean-Yves Camus, politologue et spécialiste de l'extrême-droite, "ses membres se comptent sur les doigts des deux mains et le groupe n'a aucune activité réelle. C'est l'un des plus radicaux en paroles ; son fondateur, Maurice Martinet, a même été viré du Front National car il était jugé trop à droite pour le parti".

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