Kamel Kabtane
© Tim Douet

IFCM - Lyon : Kamel Kabtane écrit une lettre ouverte à Laurent Wauquiez

Dans une lettre ouverte adressée à Laurent Wauquiez, Kamel Kabtane a tenu à rassurer le président du conseil régional sur “l’indépendance” du projet d'Institut français de Civilisation musulmane (IFCM) et espère que le refus de ce dernier de subventionner le lieu culturel pourra être “un jour ou l'autre, reconsidéré”.

Alors que Laurent Wauquiez avait refusé de faire voter une subvention d'un million d'euros pour l'IFCM le 30 juin dernier, Kamel Kabtane le recteur de la grande mosquée de Lyon a écrit le 7 juillet dernier une lettre à Laurent Wauquiez pour le rassurer quant à l'indépendance du futur lieu culturel.

Pour Kamel Kabtane, le futur Institut français de Civilisation musulmane fonctionnera “selon un modèle proche de l'Espace culturel du Christianisme à Lyon, et de l'espace Hillel sur la culture juive”. Un espace qui aura pour but de “favoriser une meilleure connaissance de la civilisation musulmane ainsi que le dialogue interculturel, le tout dans le respect des valeurs et lois de la République”.

Pour en avoir échangé avec vous (Laurent Wauquiez ndlr) à ce propos, je sais que vous connaissez l'importance d'une telle réalisation, dans une période où le trouble d'un certain nombre d'esprits ne pourra être surmonté que par une meilleure connaissance des cultures du monde et une meilleure éducation”, a-t-il poursuivi.

L’IFCM en lien avec les universités lyonnaises

Un lieu culturel qui sera en lien avec les formations universitaires “Religion, liberté religieuse et laïcité” et “Connaissance de la laïcité” dispensées par l’Université Lyon III et l'Université catholique de Lyon. Le nouvel institut ira “encore plus loin en diversifiant ces formations par la recherche, l'enseignement, l'activité théâtrale, le cinéma, l'ouverture d'une bibliothèque spécialisée, sur un mode d'échange proche de ce qui se fait à Paris grâce à l'Institut du Monde Arabe, l'Institut des Cultures d'Islam, le département d'Art de l'Islam du Musée du Louvre, de toutes institutions qui n'ont pas d'équivalent à Lyon, ni dans la région”, a expliqué le recteur de la grande mosquée de Lyon.

Ce dernier espère que ces projets vont “surprendre de belle manière” Laurent Wauquiez par “le dynamisme des actions et la transparence exemplaire de l'organisation”.

“Les financements partiels que certains États étrangers ont bien voulu nous accorder n'ont jamais affecté de quelque manière que ce soit notre indépendance”

Justement, c'est sur ce dernier point que Laurent Wauquiez a émis des doutes quant au financement de l'IFCM par l'Égypte et l'Arabie Saoudite à hauteur de 2 millions d'euros par pays. “Dans cet espace de la République, fragile et précieux, nous ne pouvons considérer que viennent s’immiscer de manière significative des États étrangers par le biais du financement de l’IFCM. Dans ce cadre, la région n’est pas en mesure de s’engager dans ce projet de financement”, avait avancé le numéro deux du parti Les Républicains.

Un point sur lequel Kamel Kabtane s'est voulu rassurant : “Depuis le permis de construire de la Mosquée accordé en février 1984 par la ville de Lyon […] et depuis l'inauguration de la mosquée le 30 septembre 1994 en présence de l'ambassadeur d'Arabie Saoudite, la confiance qui nous a été accordée par les autorités n'a jamais été prise à défaut. Comme cela s'est fait pour diverses institutions parisiennes, en particulier pour la construction et le fonctionnement de l'Institut du monde arabe (financé en partie par la ligue arabe ndlr), les financements partiels que certains États étrangers ont bien voulu nous accorder n'ont jamais affecté de quelque manière que ce soit notre indépendance. Nous vous assurons qu'il en sera se même à l'avenir”.

“C'est dans cet esprit que nous restons ouverts au dialogue avec vous-même et la Collectivité que vous représentez”

Durant le dernier conseil de la Métropole, Gérard Collomb était revenu sur "l’interrogation légitime" de la gouvernance du futur IFCM et avait annoncé la constitution d’un double collège dans l’association dont les onze membres seront encadrés par les pouvoirs publics : trois personnes issues la Ville de Lyon, trois de la Métropole ainsi que deux universitaires et trois personnalités. Le conseil d’administration avec Kamel Kabtane comme président serait complété d’un conseil d’orientation et de surveillance qui aurait un “droit de regard”, garantissant qu’il n’y ait “aucune dérive” dans le projet de l’Institut.

Malgré la profonde déconvenue issue de l'exécutif du Conseil Régional, notre association persiste à penser qu'elle porte un projet majeur de civilisation propre à favoriser l'unité des Français malgré la diversité de leurs orientations philosophiques ou religieuses. C'est dans cet esprit que nous restons ouverts au dialogue avec vous-même et la Collectivité que vous représentez”, a conclu Kamel Kabtane.

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