Human condition, Lionel Sabatté

Expo à Lyon : Lionel Sabatté, entre la vie et la mort

Ouverte le 10 mars et fermée quelques jours après, l’exposition Fragments mouvants de Lionel Sabatté est reprogrammée par la Fondation Bullukian et retrace un parcours de dix ans de carrière en faisant dialoguer ses œuvres.

Pratiquant à la fois la peinture, le dessin et la sculpture, Lionel Sabatté inscrit sa démarche artistique dans une transformation continue de la matière avec des techniques différentes qui lui permettent d’explorer la notion d’altération et de temps qui passe, interrogeant dans une même œuvre l’idée de vie et de mort.

On découvre ainsi plusieurs tableaux issus de la série rust painting (peinture rouille) comme Pelure d’abondance constitué d’une grande plaque de métal sur laquelle il a posé une solution d’oxygène liquide qui a accéléré le processus de rouille et la lente détérioration de la matière. Émerge alors cet étrange paradoxe : les teintes cuivrées de la rouille célèbrent la vie, dessinant des paysages imaginaires et improbables.


Avec ces matières mortes constituées de l’ADN de milliers de personnes, l’artiste recrée une humanité vivante


Lionel Sabatté s’intéresse aux rebuts, à toutes ces matières qui ne servent à rien comme la poussière, la cendre, les peaux mortes et qui portent en elles la trace d’un vécu. Dans une autre salle se trouve une impressionnante série de portraits humains réalisés avec de la poussière remplie de cheveux et de bouts de tissus qu’il a ramassés dans la station Châtelet du métro parisien où passent chaque jour 700 000 voyageurs.

Avec ces matières mortes constituées de l’ADN de milliers de personnes, il recrée une humanité vivante aux formes réinventées avec des visages d’enfants, de femmes, d’hommes, de bébés ou de vieillards. Le point d’orgue de l’exposition est Human condition, une immense sculpture composée de dix personnages fabriqués à l’aide de matériaux de construction urbains : fer à béton, ciment, filasse, etc. Les corps semblent décharnés ou déchiquetés tandis que leur buste et leur visage sont restés bien réels. Une dualité brutale et violente s’impose à nous, qui laisse exploser toute la puissance de la vie.


Fragments mouvants de Lionel Sabatté, jusqu’au 14 novembre, Fondation Bullukian, Lyon 2e.


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