LC 717 p. 35

Étude Séralini sur les OGM : la riposte des agences sanitaires était concertée

En octobre, six agences sanitaires européennes, dont l’EFSA, l’Anses et le HCB, se sont prononcées sur l’étude du professeur Séralini mettant en cause l’innocuité à long terme du maïs transgénique NK603. Toutes ont émis un avis négatif. Six agences indépendantes aboutissant aux mêmes conclusions, le désaveu semblait total. Sauf que ce concert était apparemment préparé, comme le révèle un document découvert par Lyon Capitale.

La bombe médiatique a explosé le 19 septembre. Le professeur Gilles-Éric Séralini et son équipe publient, dans la revue américaine Food and Chemical Toxicology, une étude qui remet en cause l’innocuité et donc l’homologation du maïs génétiquement modifié NK603, un OGM autorisé en Europe.

Le lendemain, en France, une déclaration commune de Stéphane Le Fol (ministre de l’Agriculture), Delphine Batho (Environnement) et Marisol Touraine (Santé) relance le débat sur l’évaluation des OGM. Les ministres saisissent l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) et le Haut Conseil des biotechnologies (HCB), deux instances indépendantes, afin qu’ils donnent un avis et une expertise scientifique sur l’étude Séralini, qui est également envoyée à l’Agence européenne de sécurité alimentaire (EFSA) à fin d’expertise.

Successivement, et à des dates différentes, six agences de sécurité sanitaire européennes ont rendu des conclusions négatives quant à l’étude Séralini. Mais, à la lecture d’un document que s’est procuré Lyon Capitale, il semblerait qu’une concertation ait eu lieu entre elles en amont, lors d’une téléconférence organisée par l’EFSA.

Alors, les six agences ont-elles mené leurs expertises en toute indépendance ? Pour Corinne Lepage, qui préside le Criigen (commanditaire de l’étude de Séralini), cette réunion, tenue secrète, est scandaleuse : “Les six agences ont organisé une réplique commune (…) en donnant l’impression que chacune individuellement arrivait aux mêmes conclusions. Ce qui n’est pas honnête. Qu’ils discutent entre eux, pourquoi pas ? À ce moment-là, ils donnent une réponse coordonnée. Au moins, les choses sont claires. Mais ils nous ont fait croire que chacun évaluait de son côté et arrivait au même résultat. Ce n’est pas honnête !”

L’intégralité de cette enquête – avec l’analyse des conflits d’intérêts chez les experts de l’EFSA, de l’Anses et du HCB – est à lire dans Lyon Capitale n°717, en vente en kiosques jusqu’au 20 décembre, et dans notre boutique en ligne.

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1 commentaire
  1. Sophie_Lyon - 3 décembre 2012

    Il me parait évident que tout celà est orchestré; un chercheur sérieux n'a que des coups à recevoir à dire la vérité et nager à contre courant, pourquoi prendrait il tant de risques sinon par devoir ? qu'il soit remercié de contribuer à nous faire ouvrir les yeix.

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