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Essence : la préfecture promet un retour rapide à la normale

Conséquence de la ruée des Rhodaniens à la pompe depuis bientôt quinze jours, +150 % de demande, l'essence est venue à manquer dans le Rhône, où 62 % des stations-services étaient en rupture de stocks lundi matin. Néanmoins, il n'y aura pas de réquisition dans le Département.

Depuis quatorze jours et le début des grèves dans les raffineries françaises, il y a eu "une psychose de nos concitoyens, + 150 % de demandes", a indiqué lundi soir le préfet, Jacques Gérault, en préfecture de région. Les consommateurs, par peur de manquer, se sont rués à la pompe, et, prévision auto-réalisatrice, ils ont provoqué des ruptures de stock, principalement de gasoil, dans les stations-services.

Résultat, lundi matin, 87 stations-services étaient à sec dans le Rhône et 57 connaissaient des ruptures provisoires, principalement de gasoil. Sur 250, seules 106 fonctionnaient normalement. Principalement, celles situées en bordure d'autoroute (les plus chères), approvisionnées en priorité vendredi, pour cause de départs en vacances. Le préfet a invoqué le jeu de l'offre et la demande et expliqué que les compagnies pétrolières, Shell, total, BP, etc libre de leurs choix devaient faire face « aux départs en vacances ».

Une gestion des priorités qui n'a fait qu'aggraver la situation dans le reste du département, à Lyon et dans les campagnes où la demande est restée très forte. Le niveau à la pompe est descendu tout aussi rapidement, sans être compensé. Et en Auvergne, notamment, le préfet a dressé des PV chez des pompistes qui profitait de la situation pour augmenter leurs prix. "Puisque le produit ne manque pas, cette augmentation n'est pas justifiée", a estimé le préfet.

Une ruée à la pompe injustifiée

Pourtant, "ce n'est pas l'essence qui manque chez nous", a précisé Jacques Gérault, lundi soir. Le préfet qui a fait taire toute rumeur de réquisition à la raffinerie Total au sud de Lyon : "Feyzin, c'est anecdotique, a-t-il expliqué, on y trouve seulement 4000 litres de gasoil, ce n'est pratiquement rien", précisant que le pétrole raffiné arrivait principalement chez nous par pipeline depuis Manosque, et par barges sur le Rhône. "Un chargement est d'ailleurs arrivé ce week-end".

Le pétrole raffiné ne manquerait donc pas, d'autant plus que tout ce qui n'est pas raffiné chez nous est importé depuis l'étranger, a poursuivi le préfet. Non, ce qui a pêché ce week-end, selon la préfecture, "ce sont les camions qui manquaient pour transporter l'essence dans les stations-services". Un fonctionnaire a montré du doigt le repos hebdomadaire des transporteurs routiers, ils apprécieront.

Le préfet enfin, a indiqué que les approvisionnements de stations-services avaient repris dès lundi matin et "qu' aucune conséquence économique" n'était à déplorer pour l'instant. Mardi et mercredi, le réapprovisionnement se poursuivra. Le plan hydrocarbure n'est donc pas enclenché dans la zone de défense Sud-Est (régions Rhône-Alpes et Auvergne). Le préfet n'a ni l'intention ni le pouvoir de réquisitionner dans la région. De mémoire de fonctionnaire, ce plan n'a pas été utilisé "depuis mai 1968, et encore, ce n'est pas sûr". Les grévistes ont-ils l'intention de faire mieux ? Les grèves, en tous cas, se poursuivent chez les routiers, les cheminots, les agents communaux principalement. Jeudi, toutes les organisations syndicales étudiantes appellent à nouveau à manifester.

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1 commentaire
  1. Martin de Givors - 26 octobre 2010

    PÉTRO-ADDICTION : NOUS NE SOMMES PAS SORTIS DE L'AUBERGE ! Les files d’attente devant les stations-service sont la preuve cinglante de la dépendance et de la vulnérabilité extrêmes de notre modèle socio-économique, de notre terrible et pathétique pétro-addiction. Entre rêve et réalité Il y a loin des discours du Grenelle de l'environnement de l’illusion à la triste réalité de la vie quotidienne des gens. La France n’avait pas connu un tel stress pétrolier depuis le choc de 1973-1974. Plus d’un tiers des Français manquaient d’essence ou de gasoil, et un quart des stations étaient totalement à sec. Aucun usager n’acceptait telle privation et les beaux discours d’un changement de paradigme étaient restés aux vestiaires des vœux pieux d’une économie verte toute cosmétiques. BORLOO voulait-il faire de la France un pays écolo ? On constate que son vrai boulot, prosaïquement, consiste bel et bien à nous approvisionner en pétrole, et non à nous sevrer. Bien sûr, c’est brutal, nous ne sommes pas « encore » prêts, mais pourquoi ne pas prendre la chose avec plus de sourire et de philosophie… ? Qui en a profité pour marcher un peu, pour respirer ? D’accord, il faut gagner sa vie, il faut « faire sa journée ». Le covoiturage est-il mission impossible ? « En France, on n’a pas de pétrole mais on a des idées » était un slogan des années 1970. Où sont-elles ces idées ? Dans les dividendes de la compagnie Total ? Nous en sommes là et c’est bien la preuve que nous sommes prisonniers de ce système, que la décroissance verte ne sera jamais rien d’autre qu’une déclaration d’intention au rang des bonnes résolutions et que nous n’avons aucune autre alternative que celle d’aller droit dans le mur du chaos promis à l’horizon 2050. Sans pétrole, c’est l’impasse. Bef, Nous ne mangeons plus que du pétrole, or Les stocks de ces combustibles fossiles étant fixes, il faut envisager avec lucidité la date de leur épuisement et sortir d’un état d’ivresse qui n’a que trop duré. On considère qu’au rythme actuel, l'humanité aura totalement épuisé en moins de deux siècles les réserves accumulées pendant plusieurs centaines de millions d'années, c'est-à-dire un million de fois plus vite que ce que la Nature a mis pour les constituer au fil des temps géologiques.Les habitudes pétrolivores de l’ère oléocène que nous vivons sont incommensurables, indescriptibles, absolument monstrueuses, si énormes à chaque instant que l’on n’y pense plus, les énergies fossiles sont devenues notre seconde peau. On peut perdre un enfant, un travail, la raison, mais il semble hors d’imagination de perdre le pétrole. Notre gestion écervelée ne relève pas des sciences économiques mais d’un gâchis commis par des imbéciles, au premier rang desquels ne nombreux, voire la majorité des dirigeants politiques.

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