Une classe de collège
© Tim Douet

Enseignante interdite de faire cours avec son masque arc-en-ciel : la défenseure des droits de Lyon saisie

Le 3 mai dernier, au lycée Germaine-Tillion de Sain-Bel dans l'Ouest de Lyon, une enseignante en lettres classiques s'est retrouvée au coeur d'un scandale. En cause : son masque arborant les couleurs arc-en-ciel, qui est l'un des symboles de la communauté LGBTQIA+. Les organisations syndicales du Rhône ont décidé de saisir la Défenseure des droits.

Le 3 mai, de retour en classe, Anne-Laure s'était vue refuser l'accès à sa salle de cours, en raison de son masque perçu comme "contraire au devoir de neutralité" selon la cheffe d'établissement. La proviseure demande donc à l'enseignante de le remplacer par un masque en tissu neutre. Cette dernière refuse, quitte le lycée pour la journée et revient le lendemain, toujours avec son masque arc-en-ciel sur le visage. L'enseignante est alors escortée jusqu'au bureau de la proviseure, où elle est rappelée à l'ordre sur son entorse au "devoir de neutralité", comme le raconte Rue89Lyon. Un rapport est aussi rédigé, dans lequel il est explicitement demandé à l'enseignante de retirer ce masque afin qu'elle puisse reprendre ses classes.

L’enseignante est ensuite convoquée au rectorat le 11 mai. A la suite d'un long entretien, elle retourne en cours avec un masque blanc, afin "de ne pas nuire à la sérénité de l'établissement". L’enseignante s’est vu recommander de ne plus utiliser son masque personnel au prétexte qu’il pouvait être perçu comme faisant la promotion de certaines « pratiques ». Anne-Laure a alors fait parvenir un courrier au recteur de l’académie de Lyon, Olivier Dugrip, pour lui demander l’autorisation de porter son masque multicolore.

Les organisations syndicales Snes-FSU Lyon, CGT Educ’action 69, Sud Éducation Rhône, apportent leur soutien à leur collègue du Lycée Germaine Tillion. Dans un communiqué, les syndicats réaffirment leur "engagement contre toutes les formes de discrimination notamment en raison des identités sexuelles ou de genre et se battent pour que l’Éducation nationale amplifie son action. Les organisations syndicales dénoncent l’attitude de la proviseure et du rectorat qui n’a pas condamné un ordre manifestement illégal, conseillant même vivement à la collègue de s’y conformer".  L'intersyndicale d'enseignants a par ailleurs annoncé mardi 1er juin saisir la Défenseure des droits.

Les commentaires sont fermés

d'heure en heure
d'heure en heure
Faire défiler vers le haut