Élections à Lyon : un hors série pour un scrutin historique

En 2020, les candidats essuient les plâtres d’un scrutin métropolitain qu’ils peinent à installer dans l’esprit des électeurs malgré des enjeux primordiaux pour le quotidien des habitants de l’agglomération. Bilan, analyses, portraits, propositions, dans un numéro spécial élections municipales en kiosque mercredi matin, Lyon Capitale vous donne toutes les clés de ces scrutins.

Retrouvez notre hors série “Élections à Lyon” dès ce soir en version numérique et demain en kiosque au format papier.

Pour la première fois, les électeurs vont être clairement impliqués dans la désignation de leurs élus métropolitains. Il était temps au vu de l’incroyable arsenal de compétences dont dispose la métropole ; version survitaminée du Grand Lyon et de la Courly, ses ancêtres, avec 3,5 milliards d’euros de budget annuel. Cette nouveauté démocratique est à saluer, mais ses modalités d’application n’ont pas permis un choc de simplification. Les électeurs sont appelés aux urnes pour un double scrutin, municipal et métropolitain, dont certains découvriront le principe en entrant dans leur bureau vote. Les candidats comme les observateurs sont déboussolés.

Et les sondages n’ont pas permis d’y puiser un regain de clairvoyance. Cette élection est donc historique pour le suspense qu’elle maintient. Une première depuis 2001. Seule certitude, Gérard Collomb ne sera plus maire de Lyon. Il ne vise, en 2020, que la présidence de la métropole, cette collectivité qu’il a créée et dont il veut être le premier président élu. Pour le reste, tous les scénarios sont sur la table. Y compris celui d’une élection qui déboucherait sur un blocage institutionnel. “À Lyon, cinq listes peuvent gagner un arrondissement. La loi PML (Paris-Lyon-Marseille) avec ses primes majoritaires marchait bien à l’époque du bipartisme, mais avec le tripartisme, il montre clairement ses limites. Et c’est celui qui a été retenu pour la métropole”, s’étouffe Stéphane Guilland, porte-parole d’Étienne Blanc.

La campagne, elle, met en avant d’autres limites : celles de la métropole et de la ville de Lyon. Le dynamisme de l’agglomération a créé des emplois, embelli la ville, mais créé insidieusement des effets pervers. Les prix de l’immobilier ont grimpé jusqu’à devenir prohibitifs pour les classes moyennes. Les déplacements sont devenus un casse-tête, notamment pour les automobilistes qui passent 100 heures de plus dans les bouchons qu’en début de mandat. Ces phénomènes se mesurent un peu partout en France et Lyon ne fait clairement pas exception. Comme dans d’autres classements, l’agglomération figure même sur le podium d’un officieux palmarès dont elle se passerait bien. La campagne se joue sur la réponse apportée à ces défis, ainsi qu’à celui du réchauffement climatique.

Les écologistes veulent changer de logiciel et sortir de la course à l’attractivité. Gérard Collomb y voit une impasse qui mènerait à l’effondrement de l’économie. Lui propose des accommodements raisonnables de son modèle lyonnais qui tient lieu tout à la fois de bilan et de programme. Au milieu, François-Noël Buffet et David Kimelfeld adoptent une posture hybride qui peine à infuser dans une campagne métropolitaine indécise.

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