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Éducation et hygiène de vie : non, il n’y a pas de fatalité génétique !

Médecin pédiatre à Paris, Edwige Antier prône depuis longtemps l’éducation positive. Marie Dewavrin est formée en naturopathie et engagée pour la transition alimentaire et une santé durable auprès de fondations, d’associations et d’entreprises. Grâce à l’expérience de l’une et aux connaissances scientifiques de l’autre, elles expliquent aux parents comment optimiser le potentiel de leur adolescent, notamment au sortir de la crise sanitaire, grâce à l’épigénétique.

Lyon Capitale : Dans votre livre Mon enfant en pleine santé*, vous expliquez qu’il n’y a pas de fatalité génétique. Est-ce que cela signifie que l’on peut influer sur les gènes ?

Marie Dewavrin : Oui tout à fait. On ne peut pas changer le capital génétique, qui est immuable. En revanche, l’épigénétique peut modifier l’expression des gènes, les “allumer” et les “éteindre” grâce à notre attitude et nos habitudes de vie : l’alimentation, le sommeil, l’activité physique, la manière de communiquer, la gestion des écrans… Ainsi, l’épigénétique module la santé physique et psychique de l’enfant, son caractère, ses défenses immunitaires, et même sa longévité.

Edwige Antier : On aime bien dire que le développement de l’enfant est constitué de 100 % d’acquis et de 100 % d’inné ! C’est un appel à la responsabilité des parents. Quand ils n’arrivent pas à gérer leur adolescent, avec ses sautes d’humeur, son goût pour la transgression des règles et sa nonchalance, cela ne sert à rien de dire : “Il a le caractère de son père, de son oncle, de son grand-père…” Car il n’y a pas de fatalité à la génétique et ils ont un vrai rôle à jouer pour changer les choses.

Même si les premières années de la vie sont primordiales, est-ce que tout est rattrapable ultérieurement ? Par exemple, peut-on réparer les effets néfastes que la crise sanitaire a eus sur les adolescents ?

Edwige A : Absolument. Le cerveau est plastique, et tout ce qui joue sur les connexions neuronales est rattrapable. À l’adolescence, la myéline des neurones n’est pas encore finie, et son évolution continue jusqu’à l’âge adulte. C’est pourquoi les parents ne doivent pas hésiter à se remettre en question dans l’éducation qu’ils apportent à leur adolescent, car sa vie est encore en pleine mutation.

Marie D : Même si on ne peut pas tout changer d’un coup de baguette magique, il n’est jamais trop tard pour agir. En effet, les dégâts s’installent sur le long terme, et ce n’est pas en une année de crise sanitaire que les choses peuvent se figer.


“Le cerveau est plastique, et tout ce qui joue sur les connexions neuronales est rattrapable”


L’alimentation fait partie des habitudes de vie qui influent sur l’épigénétique. Or, la crise sanitaire a entraîné une hausse du grignotage et des rythmes alimentaires anarchiques chez certains jeunes. Comment remettre du cadre dans l’alimentation de son adolescent ?

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