Durcissement de la ZFE dès 2022 à Lyon : “une mesure anti-sociale, anti-économique et anti-démocratique” pour l'opposition

Avant le conseil de la métropole de Lyon qui aura lieu le 15 mars prochain, les élus Républicains & apparentés ont critiqué la volonté de la majorité écologiste d'interdire les véhicules particuliers Crit'Air 5 et non classés dès 2022 et les véhicules Crit'Air 4, 3 et 2 progressivement jusqu'en 2026 dans le périmètre de la zone à faibles émissions (ZFE). De son côté, le groupe Les Progressistes déposera un amendement pour que la métropole propose des aides financières aux particuliers.

Comme nous l'écrivions ce mercredi, le conseil de la métropole de Lyon va se pencher le 15 mars prochain sur l'amplification de la zone à faibles émissions (ZFE+). L'exécutif écologiste de Bruno Bernard va présenter une délibération pour interdire les véhicules particuliers Crit'Air 5 et non classés dès 2022. Un choix qui ne passe pas du côté des élus du Rassemblement de la Droite, du Centre et de la Société civile (Républicains & apparentés).

Dans un communiqué, ils critiquent “la nouvelle proposition de la majorité qui rompt avec cette vision d’équilibre acceptée par tous pour imposer une vision doctrinaire coupée de la réalité de la vie des habitants du Grand Lyon.” 

“La majorité décide sans concertation ; d’imposer l’interdiction des vignettes Crit’Air 5 dès 2022 en avance sur le délai législatif ; d’imposer l’interdiction des vignettes Crit’Air 4, 3 et 2 d’ici 2026 ; d’imposer les interdictions non seulement aux professionnels, mais aussi aux particuliers ; d’imposer l’élargissement du territoire avec une étude lancée sur les 59 communes de la métropole. Ces choix décidés sans concertation préalable auront des conséquences lourdes pour nos habitants qui ne seront pas supportables”, déplorent les élus de droite.

Ces derniers dénoncent “des mesures anti-sociales” et “anti-économiques” qui vont “imposer à plus de 300 000 propriétaires à changer leur véhicule dans un délai restreint et pour les plus modestes qui n’auront pas la capacité financière à renoncer à l’usage de leur voiture”. 

Ils critiquent enfin des mesures “d’exclusions territoriales et anti-démocratiques” : “La volonté réelle est de diminuer drastiquement le nombre de voitures surtout dans l’hypercentre et d’empêcher les habitants de la périphérie de s’y rendre en voiture par une remise en cause de la liberté fondamentale d’aller et venir : « chacun chez soi », voilà le vrai credo de cette majorité !”

Un amendement pour la création d’aides financières

Les groupes Les Progressistes de David Kimelfeld a lui déclaré qu’il allait proposer un amendement en conseil de la métropole “afin que la délibération indique clairement que le renforcement de la ZFE s’accompagnera d’aides financières”, ce qui n’est pas le cas pour les particuliers actuellement. “Si nous partageons l’impérieuse nécessité de réduire la pollution, nous ne pouvons accepter une mesure qui frappera les plus modestes sans accompagnement, des agents et salariés du territoire métropolitain qui travaillent chaque jour sur le périmètre visé et qui n’ont pas nécessairement d’alternative à la voiture individuelle”, a expliqué son groupe dans un communiqué.

Questionné en décembre dernier par Lyon Capitale sur sa vision de l'acceptabilité sociale de la ZFE, Bruno Bernard s'était montré sur de lui et de sa décision. “Je suis convaincu qu’il faut le faire. Maintenant, il faut apporter des solutions aux habitants qui ont le droit de se déplacer. Mettre des alternatives nécessaires en place pour se déplacer autrement. Aujourd’hui, ceux qui souffrent le plus de la pollution, ce sont les plus fragiles et les plus modestes, qui habitent à côté des grands axes de circulation. La caricature de dire que l’on ne fait rien pour les plus modestes, bon, ça va deux minutes. Ce sont eux les victimes de l’inaction. Après, on peut discuter du curseur, de comment on adapte le périmètre, l’échéancier, les dérogations, etc”, répondait-il. 

Ce sera tout l'enjeu des débats politiques qui auront lieu lundi, mais aussi des enquêtes et de la concertation publiques qui vont être menées d'ici 2022. 

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