Des hôtels pour abeilles dans le Grand Lyon

L'agglomération va se doter l'an prochain de seize habitats pour abeilles sauvages. Ce programme européen vise à favoriser leur peuplement en ville.

Menacées à la campagne, les abeilles vont-elles trouver refuge au cœur de nos villes ? Seize sites vont être aménagés à partir de janvier pour les accueillir au sein de l'agglomération lyonnaise. On va leur construire de beaux hôtels pour favoriser leur nidification, qui prendront la forme de spirales en pierres ou de carrés de bois posés à même le sol, dans des squares ou espaces verts.

Ce sera aussi l'occasion d'installer des tables d'information pour sensibiliser le grand public sur la cause de ces bebettes si précieuses. Apparue sur la surface de la Terre il y a 80 millions d'années, l'abeille est au début de la chaîne de la vie. Sans elle, la pollinisation n'est plus assurée et disparaissent tour à tour essences végétales et espèces animales.

200 espèces d'abeilles dans le Grand Lyon

"C'est un projet pilote européen. Pendant cinq ans, on va surveiller les insectes pour voir comment ils évoluent", précise Bruno Charles, vice-président au Grand Lyon. Et mesurer l'incidence de leur retour sur la vie autour. "Les abeilles vont attirer des lézards, des oiseaux. Avec elles, on va favoriser la nature en ville", se réjouit Hugues Mouret, naturaliste et directeur de l'association Arthropologia, partenaire de l'opération. Parmi les sites pressentis, figurent le parc de la Feyssine à Villeurbanne, celui de Gerland, Parilly ou plusieurs espaces verts de communes proches.

Aucune introduction d'insectes n'est en revanche prévue et pour cause : sur les mille espèces existantes dans la nature, près de deux cents peupleraient déjà l'agglomération. Ceux-là trouveront naturellement gîtes et couverts dans ces havres où des fleurs seront plantées à proximité. Que les mamans se rassurent : les abeilles sauvages ne sont pas des prédateurs pour enfants. Seuls les bourdons et les abeilles de ruche sont potentiellement dangereux et ceux-ci ne devraient pas pouvoir s'introduire dans ces habitats.

Abeilles des villes mieux loties que les abeilles des champs

Contrairement aux idées reçues, les abeilles sont de plus en plus citadines. Les villes leur offrent des températures plus douces que dans les champs et surtout une plus variété de fleurs, précieusement entretenues dans les massifs d'ornement et sur les balcons. Le miel urbain passe d'ailleurs pour être de meilleure qualité, moins gâté par les produits chimiques.

Les abeilles des champs morflent bien davantage. Malformations, troubles du systèmes nerveux, désorientation... l'insecte est agressé par les produits phytosanitaires utilisés dans l'agriculture intensive et par le morcellement de leur habitat dû à l'éradication des talus, du bois morts, des herbes folles et des tas de sable.

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