Des cowboys et des indiens à la Duchère

Alors que des policiers municipaux ont été visés par une flèche en début de semaine à la Duchère, cet incident relance un débat ancien : celui des moyens de la police municipale. La CFTC-Police municipale fait pression auprès de la mairie, qui reste opposée à leur armement.

Lundi soir, les policiers municipaux ont été victimes d'une attaque quelque peu surprenante. Aux alentours de 19h15, alors que trois d'entre eux patrouillaient secteur Balmont à la Duchère (Lyon 9e), les agents ont reçu à proximité de leur véhicule un projectile qui s'est avéré être une flèche, provenant d'une arbalète ou d'un arc. Un incident insolite qui n'a pas fait de blessé mais qui relance toutefois le débat de l'armement des policiers municipaux.

Le syndicat CFTC-Police municipale menace en effet d'un dépôt de préavis de grève s'il n'est pas reçu rapidement par le Maire de Lyon. "Nous n'avons pas les moyens pour assurer nos missions. On nous envoie patrouiller dans des Zones urbaines sensibles telles que la Duchère sans moyen", se désole Thierry Vernoux, vice-président et délégué régional du syndicat. Leur revendication principale : pouvoir détenir des armes de 4e catégorie telles que des flash-balls et armes à impulsion électrique. Actuellement, la décision appartient au maire, qui doit demander une dérogation auprès du préfet.

Des policiers municipaux armés ?

La CFTC voudrait inverser la démarche : un armement systématique, face auquel les maires devraient justifier leur volonté de ne pas équiper leur policiers municipaux. "Nous attendons beaucoup du nouveau ministre de l'intérieur, Manuel Valls, qui a choisi d'armer les policiers dans sa ville, affirme Thierry Vernoux. Aujourd'hui, 40 % des 20.000 policiers municipaux français sont armés. Il n'y a pas plus de problèmes", avant d'ajouter : "On ne demande pas à être des cowboys et à pouvoir tirer sur n'importe qui !"

Une position qui ne fait pas l'unanimité au sein de la corporation puisque la CGT s'oppose à cette revendication et milite pour un recentrage sur des missions de proximité. De plus, pour l'adjoint à la Sécurité, Jean-Louis Touraine cela "exposerait les policiers à beaucoup plus de danger".

Lire aussi : Faut-il armer les policiers municipaux de Lyon ?

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