Conseil municipal de la ville de Lyon © Tim Douet
Conseil municipal © Tim Douet

Des conseillers municipaux de Lyon bientôt payés en monnaie locale ?

Après Villeurbanne et la Métropole de Lyon, la Ville de Lyon adhère à la Gonette. Cette association produit une monnaie qui peut être utilisée dans les commerces locaux. Des élus se sont portés volontaires pour recevoir leur indemnité en gonettes.

L'adhésion a été votée au conseil municipal de Lyon le jeudi 27 mai. La Ville de Lyon a adhéré à hauteur de 10 000 euros à l'association La Gonette. Cette association émet une monnaie locale et citoyenne. Le principe est simple : une gonette est égale à un euro et peut-être dépensées dans des commerces et services locaux. Une trentaine d'élus municipaux se seraient proposés pour recevoir leur indemnité en gonettes, dont le maire de Lyon.

Lors du conseil municipal, Camille Augey, adjointe au maire en charge de l'emploi et de l'économie durable, a défendu l'adhésion à cette association. La municipalité vise à trois objectifs : "accompagner les acteurs économiques vers la transition économique et sociale", "faciliter la consommation responsable et locale", et "développer l'économie sociale et solidaire, l'économie circulaire et l'entreprenariat local". 

Une adhésion qui a fait débat

La proposition d'adhérer à l'association a été décriée par l'opposition. Ludovic Hernandez (Pour Lyon, LREM) critique le fonctionnement de la Gonette. "Cette monnaie exclut clairement les personnes les plus précaires, les produits et services proposés ne correspondent pas à leurs habitudes de consommation et ne sont pas à portée de leur bourse", développe-t-il. "Certains commerces qui acceptent la Gonette s'approvisionnent circuit court et sont donc plus chers. Mais cela ne correspond qu'à 10 % des partenaires. Il y a aussi des boulangers, des coiffeurs, des libraires ou des entreprises d'insertion", souligne l'élue.

L'élu LREM a ensuite pointé du doigt le lien entre La Nef, banque éthique qui reçoit les euros changés en monnaie locale par la Gonette, et l'anthroposophie. Il s'agit d'un courant de pensée ésotérique, qui a théorisé la biodynamie, une méthode d'agriculture controversée. La Nef se défend de cette proximité. Camille Augey a répliqué, soulignant que "la biodynamie est aujourd'hui utilisée par les plus grands domaines viticoles" et ajoutant que la Gonette est gérée démocratiquement car chaque adhérent correspond à une voix.

La mesure a finalement été adoptée à 50 voix pour, 15 contre et 3 abstentions.

Le Gonette salue ce vote

"C'était un engagement des candidats et cela s'est fait un an après alors on est très contents", explique Charlotte Bazire, salariée de La Gonette. Des élus de plusieurs bords politique avaient signés la charte du plaidoyer de la Gonette en 2020, à l'occasion des élections municipales et métropolitaines. "Cela va nous permettre d'avoir un gage de confiance pour les entreprises et les habitants, et de pouvoir faire connaître la Gonette pour une utilisation plus massive", ajoute-t-elle.

Avec un budget de 100 000 euros par an, les 10 000 euros accordés par la ville de Lyon leur donne un coup de pouce supplémentaire.  Actuellement la Gonette compte 350 commerces et associations partenaires et 1200 utilisateurs particuliers, pour 270 000 gonettes en circulation.


"Cela va nous permettre d'avoir un gage de confiance pour les entreprises et les habitants, et de pouvoir faire connaître la Gonette pour une utilisation plus massive", se réjouit Charlotte Bazire, salariée de la Gonette.


Reste à présent à mettre en place la rémunération des conseillers municipaux volontaires en gonettes. "On a déjà eu un rendez-vous avec les agents du service financier pour voir comment on mettrait cela en place concrètement. Cela ne se fera pas dans l'immédiat, plutôt en fin d'année", confie la salariée de l'association. La ville de Villeurbanne et la Métropole de Lyon ont commencé à ouvrir la voix et le système devrait être le même : les conseillers recevront la monnaie locale de façon dématérialisée, sur un compte en ligne. Premier essai à la Métropole de Lyon, où les premières gonettes arriveront dans les comptes des conseillers à partir de juin.

 

 

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