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Deliveroo, Uber... les livreurs à vélo en grève pour la Coupe du monde

A Lyon comme dans le reste de la France, les coursiers à vélo qui travaillent pour les plateformes Deliveroo, Foodora, Ubereats, Stuart ou Glovo sont appelés à cesser le travail pour la dernière semaine de la Coupe du monde qui verra notamment la France affronter la Belgique. Ils protestent contre leurs conditions de travail et de rémunération.

Difficile de se faire livrer une pizza pour France-Belgique ? Peut-être. Les coursiers lyonnais sont appelés à débrayer à partir de ce dimanche et pour huit jours. Ils veulent mettre la pression sur les plateformes pour qui ils travaillent en cette semaine de fin de Coupe du monde, que l'on imagine soutenue en terme de commandes. Ils appellent aussi les clients à ne pas commander en cette pour ce qu'ils prévoient comme "l'une des semaines les plus rentables pour les plateformes".

Les coursiers dénoncent la baisse de leur conditions de rémunération et la précarité de leur situation. Si au lancement des plateformes en France fin 2015, celles-ci garantissaient un gain horaire minimum (autour de 7,5 euros bruts), ce n'est plus le cas depuis l'été dernier. Les conditions de travail ont évolué, les flottes aussi, se motorisant largement. Les coursiers protestent aussi contre la difficulté de s'inscrire sur les plannings. Pour les plateformes, la question a déjà été réglée. Deliveroo souligne ainsi qu'elle met à disposition une assurance - obtenue de haute lutte - pour ses livreurs.

Un projet de loi controversé

Un rassemblement est prévu place de la République à Paris ce dimanche soir. Le Collectif des livreurs autonomes parisiens (Clap 75) demande "une tarification horaire minimum, la prise en compte de la pénibilité de travail via différents bonus, des plages de travail et une activité garantie". Le collectif entend aussi protester contre le projet de loi "pour la liberté de choisir son avenir professionnel" dédié à la formation professionnelle, à l’assurance-chômage et à l’apprentissage, de la ministre du Travail Muriel Pénicaud. Et notamment un amendement, déposé par le député LREM Aurélien Taché, et jugé favorable au plateformes.

Le texte prévoit l'instauration de "chartes sociales" rédigées par les plateformes et validées par le ministère pour régler le statut - ni salarié, ni vraiment indépendant - des professions ubérisées. Les coursiers y voient surtout un moyen supplémentaire donné aux plateformes de dicter leurs conditions et une protection de plus face aux demandes de requalification des contrats en CDI. Une cagnotte a été lancée pour aider les coursiers en grève.

Lire sur notre site LeLanceur.fr : "J'ai tenté d'ubériser mes revenus"

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