De plus en plus de logements vacants dans la région selon l’Insee

Dans son dernier rapport, l’Insee constate l’augmentation du nombre de logements, dans la région Auvergne-Rhône-Alpes comme au niveau national, et en particulier de logements vacants. À quoi cette augmentation est-elle due ?

Dans son analyse du 26 juin, l’Insee constate une augmentation du parc de logements, dans la région AURA comme au niveau national. Les facteurs explicatifs de cette augmentation seraient tout d’abord la croissance démographique de la population, mais également l’augmentation du nombre de logements vacants sur tout le territoire, la persistance du phénomène de décohabitation et la part non négligeable des résidences secondaires dans le parc de logements.

Une forte croissance démographique

L’accroissement de la population implique de fait un besoin croissant de logements. Dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, entre 2010 et 2015, la croissance démographique explique à elle seule la moitié de l’augmentation du parc de logements. Sur la même période, la région a connu une augmentation du parc de logements de 1,3 % par an contre une croissance démographique annuelle de 0,8 %. Au niveau national, le constat reste le même : le parc de logements augmente plus vite que la population. La croissance de ce parc est d’autant plus forte dans les couronnes des grandes aires urbaines, en raison d’une forte croissance démographique due à un fort phénomène de périurbanisation, c’est-à-dire que les familles viennent s’installer dans les couronnes périurbaines pour bénéficier de surfaces plus grandes. Le phénomène est particulièrement présent dans l’aire urbaine d’Annemasse avec une augmentation de 2,8 % des logements et de 2,6 % de la population par an. Les grandes aires urbaines de Lyon, Annecy et Montélimar connaissent une évolution similaire, tout comme dans les moyens pôles où l’augmentation du parc de logements et de la population restent fortes. À l’inverse, les petits pôles sont victimes d’un recul démographique préoccupant, couplé à une augmentation du parc de logement, favorisant ainsi l’augmentation du nombre de logements vacants.

Des logements vacants de plus en plus nombreux

Selon l’Insee, un logement vacant est un logement inoccupé, en raison de sa mise à la vente ou en location, en attendant qu’il soit occupé s’il a déjà été vendu ou loué, en attente de règlement de succession ou laissé vacant par son propriétaire. Depuis 1999, le nombre de logements vacants augmente plus vite que le nombre de logements, occupant donc un pourcentage de plus en plus fort dans le parc de logements. Les logements vacants participent donc de plus en plus fortement à l’augmentation de ce parc, responsables entre 2010 et 2015 d’une augmentation de 19 % du parc contre seulement 5 % entre 1990 et 1999. D’une manière générale, les logements vacants sont en hausse partout d’après le rapport de l’Insee. En 2015, dans la région Auvergne-Rhône-Alpes il y avait plus de 363 000 logements vacants, soit 8,4 % des logements, l’ouest de la région et les espaces ruraux étant les plus touchés avec en première ligne le département de l’Allier, dont 14 % des logements sont vacants. Mais les villes-centres des grands pôles urbains sont également concernées, renfermant des logements à faible surface en grande quantité, avec une rotation élevée de leurs résidents, par exemple étudiants.

Une décohabitation persistante

Bien que s’étant atténuée ces dernières années, la décohabitation reste un phénomène à ne pas négliger dans l’augmentation du parc de logements. Elle correspond à la baisse de la taille du ménage, souvent en raison d’une rupture ou du départ des enfants. Ainsi, un ménage qui initialement occupait un seul logement en aura désormais besoin de plusieurs. Cette décohabitation est selon l’Insee responsable de 22 % des nouveaux logements dans la région, bien que le phénomène y soit moins fort qu’ailleurs en raison d’une croissance démographique soutenue.

La part des résidences secondaires

Les résidences secondaires sont nombreuses dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, et en particulier près des montagnes dans les départements de la Savoie, la Corse du Sud, la Haute-Corse et les Hautes-Alpes, où un logement sur trois est une résidence secondaire. Dans la région, 12 % des logements sont des résidences secondaires, ce qui est supérieur à la métropole (10 %) mais bien loin cependant des régions méditerranéennes comme la région PACA (18 %) ou la Corse (37 %).

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