L’Opéra National de Lyon @WilliamPham

Dans une lettre ouverte, 60 structures culturelles dénoncent le choix de la Région de baisser certaines subventions

Alors que près de 25 structures culturelles lyonnaises pourraient voir leur subvention régionale baisser, une soixantaine de directeurs et directrices d’institutions et événements d’Auvergne-Rhône-Alpes concernés par ces coupes ont écrit à la vice-présidente à la culture, Sophie Rotkopf. Une lettre ouverte où ils dénoncent le choix de la Région et demandent une "politique culturelle ambitieuse".

À moins de 24 heures de la commission permanente de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, mercredi 25 mai, lors de laquelle devrait être actée la baisse ou la coupe des subventions accordées à plus de 130 structures culturelles de la région, le secteur fait bloc pour dénoncer le choix de l’exécutif régional. Soixante directeurs d’institutions, d’événements ou encore d’associations ont signé une lettre ouverte adressée à Sophie Rotkopf, la vice-présidente à la culture pour lui faire part de leur "inquiétude quant aux conséquences de ces baisses", et de leur "grande sidération quant à la méthode adoptée". 

Alors qu’à Lyon pas moins de 25 structures pourraient être concernées, à l’instar de l’Opéra de Lyon (- 500 000 €), des Subsistances (- 134 000 €), de la Maison de la Danse (- 180 000 €), des Nuits Sonores (- 15 000 €), de la Villa Gillet (- 350 000 €), de la Biennale d’art contemporain (- 253 000 €), de l’ENSBA (- 75 000 €) ou encore du Théâtre de la Croix-Rousse (- 23 000 €), c’est presque sans surprise que l’on retrouve les noms de nombreux acteurs lyonnais parmi les signataires. Vincent Carry (Nuits Sonores), Isabelle Bertolotti (Biennale de Lyon), Dominique Delorme (Nuits de Fourvière), Richard Brunel (Opéra National de Lyon), Stéphane Malfettes (Les SUBS), Joris Mathieu (Théâtre Nouvelle Génération), Aline Sam-Giao (Auditorium-Orchestre national de Lyon), Claudia Stavisky et Pierre-Yves Lenoir (Les Célestins) ne sont que quelques-uns d’entre eux. 

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Le soutien de 200 structures nationales

Parmi les autres signataires on note la présence de représentants d’institutions de Saint-Étienne, Clermont-Ferrand, Grenoble, Valence, Annemasse ou encore Villeurbanne, auxquels s’ajoutent les 200 signatures de directeurs et directrices de structures nationales, "solidaires" et "tous scandalisés par les méthodes employées par l'exécutif de la Région AURA". 

Dans le texte que nous avons pu consulter et accessible sur le site Change.org où une pétition a été lancée, on peut lire : "Plus d’une centaine de structures sont touchées par les baisses qu’il s’agisse d’écoles d’enseignement supérieur, de structures de spectacle vivant, du cinéma, d’art contemporain, de littératures, d’observatoires, d’ensembles indépendants ou encore de compagnies… Ce sont des structures de toutes tailles et de tous les départements de la Région qui sont fragilisées".

La "méconnaissance" du secteur pointée du doigt

Comme cela est souvent ressorti lors de nos échanges avec les acteurs culturels lyonnais, la "lecture réductrice de l’action des structures culturelles en niant leur forte implication dans les territoires de la région, à destination de tous les publics" est ici pointée du doigt. Une lecture qui, selon les signataires, "méconnaît aussi la réalité de nombreuses structures dont les publics dans les sites principaux, situés dans des métropoles, sont en réalité pour une part importante issus de l’ensemble de la région, bien au-delà d’un bassin de public de proximité".

Par ailleurs, les signataires s’émeuvent des conséquences du "rééquilibrage territorial" mis en avant par la Région Auvergne-Rhône-Alpes dont les conséquences se traduiraient, "inévitablement" selon eux, par "des emplois qui seront fragilisés ; des spectacles pourtant planifiés qui ne pourront pas être présentés aux publics ; des auteurs, des musiciens, des plasticiens, des enseignants, des interprètes, des techniciens du spectacle, des intervenants de projets d'éducation artistique qui ne pourront pas être employés, voire des emplois permanents qui seront menacés".

En plus de dénoncer "fermement les choix adoptés" et la "méthode, en rupture de dialogue", ils demandent "la construction dans les semaines à venir d’une politique culturelle ambitieuse pour la Région, ne fragilisant pas ses acteurs pourtant éprouvés par des mois de crise sanitaire". 

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