Maison d'arrêt Lyon-Corbas
Wikipedia/JeanBono

Coronavirus en prison à Lyon-Corbas : les avocats saisissent la justice

Les avocats dénoncent les conditions sanitaires des détenus à la prison de Lyon-Corbas.  

Un détenu accompagné par l’ordre des avocats du barreau de Lyon ont formulé plusieurs demandes au juge des référés du tribunal administratif de Lyon. “La maison d’arrêt de Lyon-Corbas, comme la plupart des établissements pénitentiaires, connaît un phénomène de surpopulation carcérale depuis plusieurs années, puisque quasiment aucun détenu n’est seul dans sa cellule de 9m2. Dans ce contexte de promiscuité, la survenance de l’épidémie de Covid-19 a rapidement fait craindre des conséquences désastreuses en milieu carcéral, au regard de la rapidité de la propagation du virus et de sa forte contagiosité. Or, le premier cas de COVID-19 est apparu à la maison d’arrêt de Lyon-Corbas le 4 avril 2020. Depuis lors, très peu a été fait pour protéger les détenus qui y sont incarcérés”, regrette le Barreau de Lyon dans un communiqué.

Les avocats pointent l'absence de “masques pour les auxiliaires (détenus assurant la distribution des repas, le nettoyage des parties communes...), de gel hydroalcoolique, aucune distribution de produits désinfectants pour le lavage des cellules, placement dans des situations où il est impossible de respecter les gestes barrières (détenus mis dans des sas exigus à plusieurs avant le départ en promenade...),la  lenteur de la prise en charge médicale en cas de suspicion de contamination”.

“Des tels dysfonctionnements mettent en danger les détenus comme les surveillants pénitentiaires, ainsi que les avocats qui viennent visiter leur client”, estiment-ils. 

Concernant l'exercice de leurs fonctions de défenses, ils déplorent que les parloirs-avocats “ne permettant aucune distanciation sociale” mettant à mal “leur mission”. “Dans ces conditions, les requérants demandent au juge des référés du tribunal administratif de Lyon de prononcer plusieurs injonctions au directeur de la maison d’arrêt de Lyon-Corbas, afin de garantir tant la protection de la santé des personnes détenues que les conditions d’intervention des avocats”, concluent-ils.

Le juge du référé-liberté se prononcera dans un délai de 48 heures. 

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