Le Centre de vaccination du Palais des Sports de Gerland (Photo by JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP)

Coronavirus : à Lyon et dans le Rhône, les chiffres sont stables et pas trop mauvais

Dans la France entière, le couvre-feu est avancé dès 18h à partir de samedi. Lyon et le Rhône sont évidemment concernés. Le virus continue de beaucoup circuler à Lyon et dans le département. Mais dans des proportions bien moindres qu'au mois de novembre. Pour l'instant, les "effets" des fêtes de fin d'année sont "contenus" à Lyon. Reste la menace du "mutant" britannique. Explications.

Pas d'envolée significative. Pas de flambée. Pour l'instant. 20 jours après Noël, 15 après le Nouvel An, les chiffres ne sont pas encore alarmants à Lyon et dans le Rhône. Oui, il y a une remontée. Oui, il y a plus de cas. Mais pas de manière significative. Pas encore.

La circulation du virus à un instant t sur un territoire se mesure grâce au taux d'incidence. C'est un indicateur clé. Les décideurs ont les yeux rivés dessus. Le taux d'incidence détermine le nombre de cas positifs sur les 7 derniers jours pour 100 000 habitants. Sur une semaine glissante en gros. C'est un très bon moyen de mesuré le degré de circulation du virus à un instant t sur un territoire.

Le virus circule 4 fois moins à Lyon qu'en novembre

D'après les dernières données dont nous disposons, des données stabilisées s'arrêtant au lundi 11 janvier, le taux d'incidence est de 207 dans le Rhône et de 212 dans l'ensemble de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Les chiffres de Santé publique France prennent donc en compte la période du mardi 5 au lundi 11 janvier. Qu'est-ce que cela témoigne ? Que le virus circule beaucoup mais qu'il n'y a pas de flambée. On peut presque déjà dire qu'il n'y a pas d'envolée suite à Noël. Et qu'il faut encore attendre quelques jours pour voir dans les chiffres les "effets" du réveillon du Nouvel An. Le graphique ci-dessous montre l'évolution du taux d'incidence dans le département du Rhône. Au mois de novembre, au plus fort de la tempête, le taux d'incidence était supérieur à 900 dans la département pendant deux semaines. Il y a 4 fois moins de cas actuellement.

L'évolution du taux d'incidence dans le département du Rhône. Source : Santé publique France

Région, et de loin, la plus touchée par l'épidémie de covid-19 au mois de novembre, Auvergne-Rhône-Alpes est actuellement la 4e région de France où le virus circule le plus. Derrière PACA (taux d'incidence de 314), Bourgogne-Franche-Comté (274), Grand-Est (229) et donc AURA (212). L'Ile de France suit (185) et la région Bretagne est toujours la moins touchée (90).

La circulation du virus n'est pas toujours homogène dans la région d'un département à l'autre. Ainsi d'après les dernières données stabilisées au 11 janvier, les taux d'incidence sont ainsi :

  • Drôme : 251
  • Haute-Loire : 243
  • Allier : 237
  • Isère : 217
  • Loire : 215
  • Ain : 209
  • Haute-Savoie : 207
  • Rhône : 207
  • Ardèche : 204
  • Puy-de-Dôme : 197
  • Savoie : 185
  • Cantal : 150

La menace du "mutant" britannique

Mais il y a un "mais". Le "mutant" britannique, retrouvé aujourd’hui dans 1,3 % à 1,4 % des tests positifs au Covid-19, qui pourrait dominer dans deux à trois mois en France : "C’est une bascule inéluctable", explique le Professeur lyonnais Bruno Lina, qui coordonne au niveau national la cartographie de sa circulation.

Bruno Lina est membre du conseil scientifique, professeur de virologie au CHU de Lyon, directeur du Centre national de référence des virus infectieux respiratoires à l'hôpital de la Croix-Rousse. "Plutôt que de variant, je préfère parler de mutant britannique, même si le mot peut faire un peu peur. C'est en quelque sorte un clone", ajoute-t-il. Un mutant qui plonge le Royaume-Uni dans une situation actuelle très délicate. Le mutant "n'est ni plus dangereux, ni plus pathogène mais il est plus transmissible", analyse Lina.

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