COP26, selon un chercheur de Lyon, "il faut déployer des technologies de captage de CO2"

La COP26 s'est achevée dimanche 14 novembre sur un bilan très mitigé. Selon le Giec, les engagements actuels placent la planète sur la trajectoire d'un réchauffement de 2,7 degrés à l'horizon 2100. Julien Leclaire, chercheur à l'université Claude-Bernard Lyon 1, esquisse des solutions possibles pour l'avenir.

Quel avenir se dessine pour la planète ? La COP26 s'est achevée à Glasgow en Ecosse dimanche 14 novembre. Ce sommet a réuni les chefs d'Etats de 196 pays qui ont débattu des solutions pour limiter le réchauffement mondial à 1,5 degré par rapport à l'ère préindustrielle.  Si un pacte pour accélérer la lutte contre le réchauffement de la planète a été signé samedi 13 novembre, les moyens d'y parvenir ne sont pas suffisants selon les scientifiques. Selon les prévisions du Giec (les experts du climat), la planète se trouve sur la base des engagements pris sur une trajectoire "catastrophique" de réchauffement de 2,7°C par rapport à l'ère pré-industrielle.

Julien Leclaire, professeur à l'université Claude-Bernard Lyon 1, a suivi de près les conclusions de la COP26. En 2017, ce scientifique lyonnais avait été missionné par l’Agence pour la défense de l’environnement et la maîtrise de l’énergie (ADEME) pour faire partie des 200 experts internationaux consultés lors d'un sommet à Houston (Etats-Unis) pour le Carbon capture innovation challenge. Une initiative organisée par la COP21 de Paris pour soutenir des programmes de lutte contre le réchauffement climatique.

Le procédé innovant mis au point par Julien Leclaire et son équipe, qui ont développé une technologie qui capte du dioxyde de carbone (CO2) pour recycler des métaux rares, avait été alors retenu comme un axe de recherches prioritaires pour maintenir le réchauffement climatique autour de 1,5 degré. Le captage de CO2 est une technique qui consiste à « capturer » le dioxyde de carbone émis par une installation industrielle puis de le stocker dans le sous-sol terrestre (ou le valoriser d'une manière ou d'une autre) pour éviter son rejet dans l'atmosphère


"Si on propose aux  industriels des technologies qui leur permettent de piéger du CO2 à moindre coût, ils seront partant"
Julien Leclaire, professeur à l'université Claude-Bernard Lyon 1


Quatre ans plus tard, le chercheur lyonnais estime que la transition écologique ne va pas assez vite. "Il faudrait changer le mode de production d'électricité. Mais des pays comme l'Inde ou la Chine repoussent à toujours plus loin la réduction de l'utilisation des énergies fossiles". Selon lui, l'une des pistes pour limiter le rejet de CO2 dans l'atmosphère, en plus de réduire l'extraction du charbon et du pétrole, serait de "déployer des technologies de captage du CO2". "Actuellement, on est sur des coûts de captage de CO2 qui sont toujours plus chers que la taxe carbone", poursuit-il. Autrement dit, pour un industriel il coûte actuellement plus cher de capter du CO2 que de payer pour en émettre dans l'atmosphère.

En 2020, Julien Leclaire a lancé sa start-up : Mecaware. Cette jeune pousse applique à échelle industrielle l'innovation de Julien Leclaire pour réduire les émissions de CO2 tout en recyclant les métaux rares. Le procédé imaginé fait intervenir des amines pour capturer le CO2 présent dans les fumées de combustion et gaz d’échappement. Ces molécules et le CO2 piégé forment ensemble des carbamates qui à leur tour permettent de capturer et d’isoler les métaux rares. "Si on propose aux  industriels des technologies qui leur permettent de piéger du CO2 à moindre coût, ils seront partants", estime t-il. Il n'oublie cependant pas que la transition écologique est quelque chose de plus grand. "Si on ne fait pas une révolution énergétique, on continuera à capter encore et encore du CO2 sans changer notre mode de production", soupire Julien Leclaire.

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