CLOCHEMERLE DANS L'AIN

Il ne veut pas la chasser de sa commune, juste qu'elle disparaisse du centre-ville, pour mettre à la place la gare de la future ligne Lyon-Trévoux, à l'horizon 2014. L'affaire n'aurait pas fait grand bruit dans cette bourgade de 6000 âmes, si l'autre Michel, Puymartin, (patron de là dite entreprise "Laglade et Picard") n'était pas persuadé que le maire veut le mettre sur la paille : "Le terrain de l'entreprise est mon seul capital. J'ai besoin de pouvoir l'utiliser comme levier pour des investissements futurs. Pendant longtemps, j'ai cru qu'il allait me donner un bon prix. Maintenant je suis persuadé qu'il tient un double discours". Le patron affirme même qu'il a des "informations" sur les "vrais" projets du maire. Bien entendu, ce dernier assure qu'il achètera le terrain (environ 7 000 m2) à un prix supérieur au prix du marché "uniquement pour soutenir l'emploi". Car lui, de son côté, est persuadé que le patron fait monter les enchères pour s'assurer une bonne rente en vue de sa future retraite. Ambiance.
La plupart des 40 salariés de l'entreprise soutiennent le bras de fer engagé par leur patron. Ils ont même manifesté devant la mairie, en marge du conseil municipal du 22 octobre qui approuvait le contesté plan local d'urbanisme. Du jamais vu à Trévoux !

Jamais amis, souvent rivaux, le patron et le maire se connaissent depuis 40 ans. Avec cette histoire d'expropriation, peut-être règlent-ils de vieux différends apparus dans une cour d'école ou dans quelques bals des environs. Le mystère reste entier à Trévoux. Dans cette histoire de combat de coqs, les deux protagonistes ont tout à perdre : le patron, parce que le maire répand l'idée qu'il veut prendre sa retraite et que l'entreprise est en mauvaise santé. Le maire, parce que le patron lui taille un costume de fossoyeur d'activité économique. A cinq mois des municipales, c'est le maire qui risque d'y laisser le plus de plumes.

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